En novembre 2023, lorsque l'Organisation maritime internationale a voté sur un accord climatique majeur, la Grèce et Chypre se sont abstenues au sein de l'Union européenne, ne soutenant pas la position commune de l'UE. Récemment, le gouvernement grec a annoncé une collaboration avec l'Arabie saoudite pour élaborer une position commune visant à « freiner les émissions de CO2 du transport maritime ». Cette initiative contourne les procédures de l'UE et pourrait susciter des litiges pour infraction à Bruxelles. 
Un diplomate de l'UE a souligné qu'il incombe à l'UE de présenter une position commune à l'Organisation maritime internationale, sous la direction de la Commission européenne et avec l'accord des États membres. S'aligner sur l'Arabie saoudite pourrait aller à l'encontre de ces positions convenues. Pour l'instant, la Grèce affirme ne pas avoir abandonné la position européenne. Le ministre grec de l'Environnement et de l'Énergie, Stavros Papastavrou, a insisté sur le fait que la Grèce est « la voix du réalisme européen en matière d'énergie ».
La flotte grecque est principalement orientée vers le transport de matières premières, le pétrole en constituant une part importante. Cela explique pourquoi la Grèce tend à s'aligner sur les États-Unis et l'Arabie saoudite concernant la décarbonation du transport maritime. Cependant, les combustibles fossiles sont progressivement éliminés, et l'Arabie saoudite se prépare également à l'ère post-pétrolière. L'industrie maritime grecque est vaste, mais elle pourrait rencontrer des difficultés si elle ne se prépare pas à la transition vers les carburants verts.
Les carburants verts sont perçus comme une grande opportunité industrielle pour l'Europe, qui a longtemps dépendu des importations de combustibles fossiles. Le transport maritime vert peut aider à maintenir la position de leader de l'industrie maritime européenne. L'UE devrait utiliser les revenus du marché du carbone et les fonds stratégiques pour soutenir des pays comme la Grèce dans leur préparation à cette transition. La solidarité européenne est cruciale en matière de décarbonation du transport maritime, et la situation actuelle nécessite un renforcement de la coopération plutôt que la division.









