fr.wedoany.com Rapport : Le Ghana a officiellement créé le mois dernier sa première aire marine protégée (AMP). Située dans les eaux proches du cap des Trois-Pointes, à l'ouest du pays, elle s'étend sur environ 700 km², soit près de 0,3 % de la zone maritime sous juridiction ghanéenne. Cette réserve vise à offrir un refuge aux espèces marines, en réponse aux alertes répétées sur le déclin des ressources halieutiques depuis de nombreuses années. La création de cette AMP a failli être abandonnée, car les coupes budgétaires drastiques de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ont un temps perturbé des années de planification. Elle n'a finalement pu voir le jour que grâce au financement d'autres organisations philanthropiques.
Socrates Segbor, directeur national au Ghana de l'organisation Global Fisheries and Resilience Action, explique que pour les communautés côtières, le poisson n'est pas seulement une source de nourriture et de revenus, mais aussi le cœur de leur mode de vie et de leur culture. L'AMP adopte un modèle de gestion polyvalente : plutôt qu'une interdiction totale de la pêche, ce sont les communautés côtières elles-mêmes qui délimitent des zones de non-prélèvement au sein des 700 km², réduisant ainsi les craintes des pêcheurs quant à l'impact sur leurs moyens de subsistance. M. Segbor souligne que les pêcheurs, conscients de l'épuisement des ressources, se montrent plutôt disposés à coopérer aux mesures de protection.

Un système de surveillance électronique des navires, précédemment soutenu par l'USAID, devait imposer un suivi obligatoire de la flotte de pêche hauturière opérant dans les eaux ghanéennes afin de lutter contre la surpêche, mais ce projet n'a pas pu aboutir après l'interruption du financement. M. Segbor estime que ce type de mesures recèle un potentiel considérable pour une gestion efficace des pêches. Afin d'éviter que l'AMP ne devienne un « parc de papier », le Ghana a lancé un projet pilote de comités locaux de surveillance des plages. À l'avenir, ces comités assureront une cogestion avec les unités nationales de contrôle des pêches, et le plan de gestion intégrera des actions concrètes telles que des sanctions, l'application de la loi et le suivi des données.
Concernant l'objectif mondial « 30×30 » (protéger 30 % des terres et des océans d'ici 2030), M. Segbor reconnaît que le Ghana n'est pas en mesure de l'atteindre pour le moment, mais cela ne signifie pas pour autant que le pays s'arrêtera à cette première AMP. Dès 2018, le Ghana avait achevé une évaluation du potentiel, identifiant une vingtaine de sites candidats pour de futures aires marines protégées, qui formeront progressivement un réseau. Face aux pressions du changement climatique, de la surpêche et de la pollution plastique, M. Segbor reste optimiste : si la pression de la pêche humaine peut être réduite, les ressources halieutiques pourraient rebondir.
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