fr.wedoany.com Rapport : Selon une étude du secteur de l'assurance, plus de la moitié (56 %) des projets de centres de données prévus ou en construction aux États-Unis se trouvent dans des États à haut risque, exposés aux ouragans, tempêtes hivernales et séismes. Ces projets représentent près de 800 milliards de dollars d'investissements.

D'après les données de MS Amlin, qui a examiné 670 projets de centres de données américains, ces projets sont fortement concentrés dans les États du Sud, où les terrains, les avantages fiscaux et la disponibilité de l'électricité sont plus attractifs. Le risque le plus important provient des tempêtes convectives sévères (Severe Convective Storms, SCS), une catégorie qui englobe les tornades, la grêle, les vents destructeurs et les orages violents. Plus de la moitié (51 %) des installations prévues se situent dans des zones à haut risque de SCS, où la valeur des centres de données existants est d'environ 20 milliards de dollars, tandis que celle des infrastructures prévues est environ 40 fois supérieure. L'année dernière, les pertes d'assurance dues aux événements SCS aux États-Unis se sont élevées à environ 52 milliards de dollars.
D'autres facteurs météorologiques présentent également des risques : plus d'un quart (27 %) des installations prévues se situent dans des zones à haut risque de tempêtes hivernales, plus d'un cinquième (21 %) dans des États à haut risque d'ouragans, et 3 % dans des zones sujettes aux séismes. Martin Burke, directeur principal de la souscription chez MS Amlin, écrit dans le rapport que lorsque des actifs d'une telle ampleur sont concentrés dans des zones sujettes aux catastrophes, la gravité potentielle des pertes causées par un seul événement de tempête peut augmenter rapidement. La société cite également une étude de Swiss Re, montrant que les pertes d'assurance dues aux SCS augmentent d'environ 8 % par an depuis 2008.
Une autre étude de l'Université Texas A&M (Texas A&M University) corrobore ces conclusions : sur les 2 660 centres de données américains examinés, 34 % se trouvent dans des zones à risque d'ouragans, 30 % dans des zones à risque de tornades, 29 % dans des zones à risque sismique, et un nombre non négligeable dans des zones sujettes aux incendies de forêt et aux inondations. Cependant, l'assurance des projets n'est pas le seul facteur à prendre en compte pour les hyperscalers et les investisseurs. Pour répondre à l'ampleur de la demande, le secteur a recentré ses priorités sur la capacité disponible du réseau électrique et les terrains bon marché, de nombreux projets ayant déjà subi des retards de plusieurs années en raison d'une préparation énergétique insuffisante. Bien que les investissements soient concentrés dans les zones à haut risque, Burke considère qu'il s'agit d'une « opportunité de croissance » pour le secteur de l'assurance, car « les risques doivent être correctement gérés et compris ». Le rapport suggère également que les assureurs eux-mêmes pourraient bientôt devenir un facteur limitant pour l'expansion de l'intelligence artificielle.
L'étude de l'Université Texas A&M a identifié quelques sites à faible risque dans le nord du Minnesota et la péninsule supérieure du Michigan. Les chercheurs concluent qu'il est impératif d'évaluer et de renforcer la résilience des centres de données face à ces risques climatiques afin de garantir la continuité et la fiabilité des services pilotés par l'intelligence artificielle. Martin Burke exhorte quant à lui les souscripteurs à adopter des méthodes plus avancées pour gérer le risque d'agrégation.
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