fr.wedoany.com Rapport : Une étude de cas portant sur trois bâtiments à Halifax, Montréal et Vancouver, axée sur la conservation et la rénovation, montre que le coût de tels projets de réutilisation adaptative peut être inférieur à celui d’une démolition suivie d’une nouvelle construction, et que les émissions de carbone intrinsèques sont également plus faibles.
Ce rapport a été publié par l’Association canadienne des professionnels du patrimoine (ACHP). Adam Hatch, président du conseil d’administration de l’association, a déclaré que cette conclusion était attendue, mais que la mesure dans laquelle les bâtiments existants surpassent les scénarios de démolition/nouvelle construction était « un peu surprenante ». Selon lui, quantifier les émissions de carbone sur l’ensemble du cycle de vie et les coûts totaux sur le cycle de vie présente une grande valeur.
Les bâtiments sélectionnés pour l’étude comprennent un immeuble de bureaux moderniste du milieu du siècle à Halifax, une ancienne usine textile à Montréal et une maison historique à Vancouver. Aucun de ces trois bâtiments n’est classé monument historique, mais ils sont considérés comme ayant une valeur intrinsèque pour leur communauté. L’étude de cas de l’ACHP n’a pas eu recours à une rénovation profonde, mais a adopté une approche axée sur la conservation, privilégiant la réutilisation des matériaux et des structures existants afin de limiter les interventions de construction. Hatch estime que sans des normes plus flexibles, les rénovations de conservation seront difficiles à mettre en œuvre. L’ACHP souligne que les codes actuels ne précisent pas clairement comment les constructeurs peuvent satisfaire aux normes de performance. Cela pousse les promoteurs et entrepreneurs, qui privilégient l’évitement des risques, à considérer la rénovation comme une incertitude à éviter, tandis que la démolition est perçue comme une option maîtrisable. En offrant des voies de conformité flexibles aux codes, les constructeurs auront plus d’options pour gérer les « imprévus » lors des rénovations, réduisant ainsi les risques du projet.
Hatch a indiqué qu’un autre défi réside dans la perception générale du secteur selon laquelle les bâtiments anciens ont peu de valeur. Il appelle le secteur à considérer les bâtiments existants comme des opportunités, et non comme des fardeaux. Pour le projet d’étude à Halifax, qui transforme un immeuble de bureaux gouvernemental moderniste en logements, le rapport a évalué trois scénarios : une rénovation complète, une rénovation avec extension, et une démolition suivie de la construction d’un nouvel immeuble résidentiel. Les résultats montrent qu’en raison de la conservation de la structure en béton, des fondations et des éléments d’enveloppe, les émissions de carbone intrinsèques du scénario de rénovation sont « nettement inférieures » à celles du scénario de nouvelle construction, tandis que le coût est également inférieur à celui de la démolition suivie d’une nouvelle construction. La rénovation de l’ancienne usine textile du début du XXe siècle à Montréal a abouti à des conclusions similaires. Les trois cas montrent que la rénovation est plus économique que la démolition suivie d’une nouvelle construction. Hatch ajoute que les projets de rénovation peuvent être achevés plus rapidement. Le projet d’Halifax en est la preuve : le bâtiment rénové a déjà commencé à louer des unités, tandis qu’un terrain similaire, acheté en même temps de l’autre côté de la rue pour démolir et construire une nouvelle tour, n’est encore qu’une excavation. La réutilisation adaptative axée sur la conservation peut également accélérer les cycles d’approbation, car la forme, l’échelle et le volume du bâtiment sont déjà définis.
Hatch a révélé que les gouvernements à tous les niveaux ont réagi de manière significative au rapport de l’ACHP, et que de nombreuses municipalités ont exprimé un vif intérêt pour la meilleure façon d’appliquer les codes du bâtiment aux rénovations et d’utiliser le parc immobilier existant. La prochaine étape de l’ACHP consiste à soumettre le rapport aux décideurs politiques responsables des normes des codes et à communiquer avec les agences gouvernementales, les propriétaires privés, les architectes, les designers, les ingénieurs et les propriétaires de maisons. Hatch a déclaré que pour se préparer à un secteur de la rénovation en pleine croissance, les constructeurs et les personnes concernées devraient s’autoformer et former leurs travailleurs à identifier les matériaux et les structures qui peuvent être réutilisés. Le président de l’ACHP a souligné que les grandes entreprises commencent à passer de la construction neuve à la rénovation, et que cette transition devrait se poursuivre ; chacun devra maîtriser les techniques de rénovation. Il a insisté sur le fait qu’environ 75 % des bâtiments actuels existeront encore en 2050, et qu’il est donc essentiel, tant pour atteindre les objectifs climatiques que d’un point de vue pratique, d’améliorer et de réutiliser ces bâtiments existants.
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