fr.wedoany.com Rapport : Une étude de l’Institut des sciences du sol de Nanjing, relevant de l’Académie des sciences de Chine, remet en cause les conceptions traditionnelles sur les pertes d’azote dans la culture du riz, en révélant que la majeure partie de l’azote gazeux émis par les rizières inondées provient de l’azote organique du sol et non des engrais appliqués. Publiée le 22 avril sous forme d’article de couverture dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, cette étude pourrait fournir de nouvelles bases pour améliorer les stratégies de production durable du riz.
Dirigée par Yan Xiaoyuan, de l’Institut des sciences du sol de Nanjing (Académie des sciences de Chine), cette recherche remet en question l’idée largement admise selon laquelle l’azote des engrais serait la principale source de pertes d’azote gazeux dans les rizières. En raison de l’abondance de l’azote dans l’atmosphère, la mesure précise des émissions d’azote gazeux a toujours présenté des difficultés techniques, rendant difficile la distinction entre les émissions provenant du sol. La nouvelle étude a surmonté cette limitation de mesure et confirme que l’azote organique du sol est la principale source de pertes d’azote gazeux dans les systèmes rizicoles inondés.
Cette découverte revêt une importance particulière pour la Chine, où la quantité d’engrais azotés utilisée dans la production de riz est estimée à deux ou trois fois la moyenne mondiale. L’application excessive d’engrais azotés entraîne facilement des pertes environnementales et une baisse de l’efficacité d’utilisation des nutriments. L’étude montre que les variétés de riz hybride peuvent améliorer l’absorption d’azote par les plantes et l’efficacité d’utilisation de l’azote par les micro-organismes, réduisant ainsi les pertes d’azote gazeux par unité de rendement d’environ 43 %, tout en maintenant la productivité des cultures. Les chercheurs suggèrent que la combinaison de la sélection variétale avec la gestion du sol et des micro-organismes pourrait contribuer à réduire l’empreinte environnementale de l’agriculture tout en augmentant les rendements.
En corrigeant la compréhension des sources d’azote dans les rizières, cette étude offre un nouveau cadre d’analyse pour affiner le budget global de l’azote et élaborer des pratiques de gestion des nutriments agricoles plus efficaces.
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