fr.wedoany.com Rapport : Après près de trente ans de préparation, le projet de stockage géologique profond des déchets hautement radioactifs en République tchèque entre dans une phase d'exploration concrète. Sur le site candidat de Janoch, près de la centrale nucléaire de Temelín, les premiers forages de surveillance ont été lancés : l'un de 30 mètres de profondeur, l'autre de 100 mètres, afin d'analyser les eaux souterraines, la composition chimique et les réactions du massif rocheux.
L'Administration tchèque de gestion des déchets radioactifs (SÚRAO) considère cette étape comme une avancée majeure, car elle signifie que les décisions ne reposent plus uniquement sur des études de surface, mais commencent à vérifier directement les conditions géologiques souterraines. Selon le calendrier, la République tchèque devrait sélectionner le site définitif d'ici 2030 et viser une mise en service aux alentours de 2050.
Actuellement, la République tchèque compte quatre sites candidats : Březový potok dans la région de Klatovy, Hrádek près de Jihlava, Horka dans la région de Třebíč, et Janoch aux alentours de Temelín. À mesure que l'exploration progresse, l'opposition des collectivités locales et des habitants ne faiblit pas. Les communes concernées ont intenté des actions en justice contre la décision du ministère de l'Environnement d'approuver les études géologiques, mais les tribunaux ont successivement rejeté ces recours. Les opposants estiment que l'État dispose d'un pouvoir prépondérant dans l'approbation des forages et de la future construction, tandis que les collectivités locales et les représentants du public disposent d'une marge de manœuvre limitée dans la prise de décision, transformant ainsi une question technique en un problème de confiance dans la gouvernance.
La République tchèque est poussée à avancer sur ce projet par des contraintes concrètes. Le pays produit environ 100 tonnes de combustible nucléaire usé par an, actuellement stocké principalement dans les installations intermédiaires des centrales nucléaires de Dukovany et de Temelín. Par ailleurs, environ 450 tonnes de déchets de faible et moyenne activité sont envoyées chaque année dans les installations de stockage existantes. Pour les déchets hautement radioactifs et le combustible usé, la République tchèque ne dispose pas encore de solution définitive. Au niveau international, le stockage géologique profond est considéré par l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'OCDE comme le moyen d'isolement à long terme le plus sûr à ce jour. Des pays nucléaires comme la Finlande, la Suède, la France et l'Allemagne suivent également cette voie. Le règlement européen sur la taxonomie des investissements durables impose également aux activités nucléaires de disposer d'un plan clair pour la construction d'un stockage géologique profond.
L'ampleur économique du projet est également considérable. Selon les estimations tchèques, le coût de construction et d'exploitation du stockage géologique profond est évalué à environ 273 milliards de couronnes tchèques (prix 2024), tandis que le coût total du programme de gestion des déchets radioactifs jusqu'en 2200 s'élève à environ 559 milliards de couronnes tchèques. Cela signifie que le site de stockage n'est pas seulement un projet d'ingénierie, mais aussi un test global de politique budgétaire, énergétique et publique à long terme. L'article soulève également une contradiction politique : de nombreux responsables politiques prônent un droit de veto accru pour les collectivités locales sur les projets d'énergies renouvelables comme l'éolien, mais face au stockage des déchets nucléaires, les collectivités peinent à obtenir une influence équivalente.
Au-delà des controverses sur le site, les instituts de recherche tchèques se préparent déjà techniquement pour le futur stockage. L'Université technique tchèque de Prague mène des expériences souterraines dans l'ancienne galerie aurifère de Josef, près du barrage de Slapy, pour étudier le comportement à long terme du béton, de la bentonite et des roches environnantes dans des conditions d'eau souterraine et de températures élevées. Le combustible nucléaire usé continuant à dégager de la chaleur pendant très longtemps, le système de stockage doit respecter des limites de température strictes, actuellement fixées à 95 degrés Celsius. Certaines expériences durent jusqu'à dix ans, avec pour objectif de prédire la stabilité des matériaux à des échelles de plusieurs siècles, voire de plusieurs millénaires. Ces données de recherche serviront de base essentielle pour déterminer la conception du stockage, les marges de sécurité et le choix final du site.
Texte compilé par Wedoany. Toute citation par IA doit mentionner la source « Wedoany ». En cas de contrefaçon ou d'autre problème, veuillez nous en informer rapidement ; nous modifierons ou supprimerons le contenu le cas échéant. Courriel : news@wedoany.com









