fr.wedoany.com Rapport : Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, pousse pour relancer l’exploitation des ressources pétrolières et gazières de la province, après près d’une décennie de stagnation des explorations. Sous l’effet des politiques fédérales et de l’opposition des écologistes, la dernière activité de forage terrestre ou offshore dans la province remonte à près de dix ans.
Avec l’évolution du paysage politique canadien — Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, remplaçant Justin Trudeau au poste de premier ministre — et un virage de la politique commerciale américaine, le gouvernement canadien ajuste sa stratégie énergétique. Carney a proposé une série de mesures visant à simplifier les processus d’évaluation environnementale fédéraux et provinciaux pour les grands projets d’infrastructures et de ressources. Houston a déclaré que le gouvernement fédéral était désormais un partenaire fiable pour la Nouvelle-Écosse.
Houston a souligné qu’actuellement, le gaz naturel produit en Alberta doit transiter par le « Maritimes & Northeast Pipeline », qui relie les provinces atlantiques du Canada au nord-est des États-Unis, pour atteindre la Nouvelle-Écosse, une dépendance totale à l’égard du corridor américain qui devient gênante dans le contexte actuel. Il a levé l’année dernière l’interdiction de la fracturation hydraulique terrestre en vigueur depuis dix ans, affirmant que la province recèle 7 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel, une ressource qui pourrait aider à combler le déficit annuel de plus d’un milliard de dollars canadiens enregistré l’année dernière. Bien que modeste selon les normes mondiales, cette réserve est estimée suffisante pour répondre aux besoins de la Nouvelle-Écosse pendant 200 ans. Houston a récemment déclaré à Bloomberg que si l’équipement était en place, les opérations de fracturation pourraient commencer dès cette année ou, au plus tard, l’année prochaine.
Les eaux de l’Atlantique Nord relevant de la juridiction de la province offrent également de nombreuses opportunités d’exploration pétrolière et gazière. Cependant, la principale activité économique de la province, la pêche au homard, exprime des inquiétudes face au développement pétrolier et gazier. Les changements environnementaux ont déjà rendu les ressources en homard plus rares, exerçant une pression économique accrue sur le secteur. La pêche au homard est un mode de vie pour de nombreux habitants de la Nouvelle-Écosse, la saison s’étendant du 1er janvier au 30 juin.
Le tourisme est un autre pilier économique de la Nouvelle-Écosse. Les résidents vivant de la pêche au homard, ainsi que les descendants des Mi’qmaq, protestent contre l’exploration de combustibles fossiles sur des terres et dans des eaux vierges, estimant que la province dispose de ressources solaires et éoliennes capables de répondre à ses besoins en électricité sans la pollution liée à l’exploitation pétrolière et gazière. Bien que la Nouvelle-Écosse soit située au nord, avec un ensoleillement moindre que les régions équatoriales, l’énergie solaire fonctionne déjà efficacement dans des pays nordiques comme la Suède ; parallèlement, la province possède des ressources éoliennes extrêmement abondantes.

La province souhaite effectuer des forages offshore dans les eaux situées entre l’île de Sable et le continent. L’île de Sable, un banc de sable de 26 miles de long situé à environ 100 miles au sud du continent, est aujourd’hui un parc national du Canada. Mais le forage nécessiterait des opérations de soutien terrestre à grande échelle, ce qui inquiète profondément l’industrie du homard. La Nouvelle-Écosse possède plus de 8 000 miles de côtes, et la plupart de ses ports sont extrêmement petits, ne pouvant accueillir que quelques dizaines de bateaux de pêche. Les habitants craignent que les activités de soutien terrestre n’empiètent sur l’espace portuaire et ne polluent les eaux, affectant ainsi les populations de homard.
Les opposants estiment que la province pourrait déployer des parcs d’éoliennes offshore pour fournir de l’électricité à l’ensemble de la province à long terme, sans pollution et à moindre coût, une technologie déjà mature. Ils soulignent que le premier ministre Houston semble ne voir comme alternative au gaz que le charbon, ignorant les énergies éolienne et solaire, plus propres et moins coûteuses.
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