fr.wedoany.com Rapport : L’association brésilienne NEO s’oppose une nouvelle fois à l’accord de partage de RAN signé entre TIM et Vivo et a soumis une pétition au conseil d’administration de l’Agence nationale des télécommunications (Anatel), demandant le rejet de la nouvelle demande des deux opérateurs visant à modifier les clauses complémentaires de l’accord. Selon l’association, la proposition des opérateurs dépasse le cadre des ajustements opérationnels et représente une modification du périmètre d’activité déjà examiné par le Conseil administratif de défense économique (Cade).

Dans sa pétition, l’association NEO souligne qu’approuver toute modification à ce stade de la procédure compromettrait la sécurité juridique des décisions concurrentielles et créerait un précédent réglementaire. L’association fait valoir que le Cade a déjà évalué cette opération et rendu une décision finale, et qu’il n’est plus possible de modifier le périmètre de l’accord de partage de RAN examiné par l’Anatel, sous peine de créer artificiellement un « nouveau fait » que Telefônica et TIM pourraient utiliser pour contourner ou vider de leur substance les décisions finales du Cade, voire l’accord de contrôle de concentration (ACC) qu’elles ont signé.
Cette déclaration a été soumise après que les opérateurs ont déposé une version publique d’une pétition précédente auprès de l’Anatel. Le document mentionne que la nouvelle demande concerne des modifications liées au contrat de partage de réseau 2G/3G et au contrat Single Grid 4G.
Une grande partie de la pétition aborde la demande des opérateurs de remplacer les villes dites « frontières d’intégration » (rebaptisées « frontières d’optimisation ») dans le contrat Single Grid. Selon des informations précédemment rapportées par le média Tele.Síntese, la nouvelle demande implique le remplacement des 407 villes initialement prévues par d’autres villes jugées prioritaires par les opérateurs. L’association estime que cette modification altère le périmètre d’activité initialement examiné par les autorités.
L’association NEO considère que le problème ne réside pas seulement dans le remplacement des localités, mais aussi dans le moment où ce remplacement a lieu. Si les parties souhaitent modifier l’objet d’un accord spécifique, la seule voie possible et acceptable est de soumettre une nouvelle demande au Cade et à l’Anatel afin que ces instances procèdent à un examen approprié. L’association insiste sur le fait que l’Anatel ne devrait pas autoriser des modifications susceptibles de changer une opération ayant déjà fait l’objet d’un examen concurrentiel final par le Cade.
Un autre argument avancé par NEO est que la décision du Cade devrait servir de référence minimale pour l’examen réglementaire de l’Anatel. L’association affirme que l’autorité antitrust a reconnu les risques concurrentiels pertinents et que c’est précisément pour cette raison qu’elle a conditionné l’approbation de l’opération à la signature de l’ACC. L’association soutient que la décision du Cade doit être considérée par l’Anatel comme un « plancher » pour sa propre décision, et qu’il ne peut être permis à cette agence de créer un précédent permettant de « ressusciter » des décisions déjà en vigueur devant d’autres autorités publiques compétentes. Le document mentionne également que la conclusion du vote approuvant le Cade estimait que les raisons avancées par TIM et Telefônica étaient insuffisantes pour dissiper les préoccupations concurrentielles identifiées lors de l’enquête procédurale.
L’association conteste également le fait que la nouvelle liste de villes n’ait pas été divulguée publiquement, soulignant que la transparence est l’une des exigences imposées par le Cade dans l’ACC.
Outre la demande de rejet de la nouvelle requête, NEO demande également au conseil de maintenir intégralement le rapport d’analyse n° 75/2025 rédigé par le conseiller Vicente Aquino. La pétition souligne que ce vote a identifié des risques tels que la coordination entre concurrents, la réduction des incitations à la concurrence, les barrières à l’entrée et les impacts possibles sur l’utilisation du spectre. L’association réitère également la compréhension du rapporteur selon laquelle il est nécessaire d’empêcher toute réorganisation privée des fréquences en dehors du processus mené par l’agence. Selon la pétition, il est inacceptable de procéder à des réaffectations qui contredisent le processus formel de réorganisation déterminé par l’Anatel, et des extraits du rapport d’analyse de Vicente Aquino sont cités.
L’association soutient également la limitation des accords de partage de RAN entre opérateurs ayant un pouvoir de marché significatif (PMS) dans les villes de moins de 100 000 habitants, estimant que cette mesure protège la concurrence stimulée par la vente aux enchères de la 5G.
En conclusion de sa déclaration, NEO demande au conseil de rejeter la nouvelle demande soumise par TIM et Telefônica. Selon l’association, l’Anatel devrait approuver intégralement le rapport d’analyse n° 75/2025/VA, maintenir les mesures restrictives proposées par le rapporteur Vicente Aquino et rejeter la demande des opérateurs en raison de l’impossibilité juridique de modifier le périmètre des clauses complémentaires de l’accord de partage de RAN à ce stade de la procédure. Le rapporteur de cette affaire, Edson Holanda, a demandé en mai au département technique d’enquêter sur cette question, et les résultats de l’enquête doivent être soumis d’ici septembre, date à laquelle le conseil devrait reprendre les discussions.










