fr.wedoany.com Rapport : Le rapport « Décarbonation de l’acier dans l’industrie éolienne offshore », publié par le Sustainability Joint Industry Programme (SJIP) britannique en collaboration avec le Carbon Trust et plusieurs entreprises énergétiques, propose une feuille de route pour réduire l’empreinte carbone de l’acier d’ici 2050 grâce à la coopération industrielle, à l’innovation technologique et au soutien des politiques publiques.

Le rapport indique que le secteur de l’éolien offshore connaîtra une expansion au cours de la prochaine décennie, la demande annuelle d’acier passant de 2,4 millions de tonnes en 2024 à plus de 10,5 millions de tonnes au début des années 2030. L’acier représentant 90 % de la masse totale d’une éolienne, la stratégie de décarbonation du secteur doit fondamentalement transformer les méthodes de production de l’acier.
Les technologies de production d’acier à faibles émissions existent déjà, mais la « prime verte » constitue un obstacle majeur. L’acier produit par four à arc électrique à partir de ferraille ou par réduction directe à l’hydrogène renouvelable coûte plus cher que l’acier traditionnel. Dans un marché d’enchères très concurrentiel pour les projets éoliens offshore, il reste difficile pour les développeurs d’absorber ce surcoût. Cependant, l’analyse montre que l’utilisation d’acier à faibles émissions n’augmenterait le coût actualisé de l’énergie (LCOE) que d’environ 1 % pour un parc éolien offshore typique en mer du Nord, un impact limité par rapport aux avantages climatiques potentiels.
Structurellement, le recyclage ne suffira pas à répondre à la demande future. Les prévisions indiquent que d’ici 2050, la disponibilité mondiale de ferraille ne couvrira qu’environ 46 % de la demande d’acier, ce qui nécessite d’accélérer le développement de nouvelles voies de production primaire basées sur l’hydrogène vert ou l’électrolyse du minerai de fer.
Le rapport estime que le principal défi réside dans la coordination entre les acteurs de la chaîne de valeur et propose dix domaines d’action prioritaires : établir une définition commune de l’« acier à faibles émissions » pour éviter l’écoblanchiment ; mettre en œuvre des systèmes standardisés de comptabilité carbone et de traçabilité ; émettre des signaux de demande clairs pour inciter l’industrie sidérurgique à investir ; promouvoir des accords d’achat à long terme entre les développeurs éoliens et les sidérurgistes ; créer des instruments de financement vert liés aux objectifs de développement durable ; démontrer le retour sur investissement environnemental pour attirer les capitaux privés ; concevoir les tours, fondations et composants en tenant compte de la réutilisation future de l’acier ; optimiser la conception pour réduire la quantité de matériaux par gigawatt de capacité installée et prolonger la durée de vie des actifs ; développer des mécanismes publics de partage des risques pour favoriser l’investissement dans les nouvelles technologies industrielles ; mettre en œuvre des incitations réglementaires, des quotas et des instruments fiscaux pour accélérer la transition.
Le rapport prévoit qu’en raison de la hausse du prix du carbone (notamment via le système d’échange de quotas d’émission de l’UE, ETS) et de la montée en échelle des nouvelles technologies de production, la parité de prix entre l’acier à faibles émissions et l’acier traditionnel pourrait être atteinte entre 2030 et 2040. À partir de ce moment, la fabrication d’acier bas-carbone pourrait devenir l’option la plus compétitive économiquement d’ici 2050.
Le rapport conclut que la décarbonation de l’acier est un défi de coordination industrielle et de planification stratégique. Les décisions prises par les développeurs, les fabricants, les sidérurgistes et les institutions publiques avant 2030 détermineront si la croissance de l’éolien offshore peut réduire efficacement son empreinte carbone. Promouvoir une définition commune, renforcer les engagements d’achat anticipés et établir des mécanismes offrant une certitude aux investissements sont des étapes nécessaires pour décarboner les matériaux dans le secteur de l’éolien offshore.






