fr.wedoany.com Rapport : Framatome a inauguré un centre de fabrication additive sur son site de Romans-sur-Isère, dans la Drôme, en France, qui a été mis en service en mai. Ce centre, représentant un investissement de 25 millions d’euros (environ 28,4 millions de dollars), utilise la technologie d’impression 3D métallique pour produire des pièces mécaniques, répondant ainsi à la demande croissante de ses clients et partenaires industriels. Framatome renforce ainsi sa présence industrielle dans la région, le centre employant actuellement une vingtaine de personnes.

Ce centre, unique en son genre en Europe, consolide la position de leader de Framatome dans le domaine de la fabrication additive applicable aux industries nucléaire et de défense. Ses services couvrent les réacteurs nucléaires et le secteur de la défense à l’échelle mondiale, produisant des composants clés tels que des roues de turbine et des pièces du circuit primaire. Ce complexe de 6 000 mètres carrés porte le nom de l’amiral Bernard-Antoine Morio de L’Isle, décédé en 2024, qui fut conseiller de l’ancien PDG de Framatome et commandeur de la Légion d’honneur française.
La fabrication additive façonne des pièces en superposant des couches de métal. Le centre de Framatome utilise deux procédés d’impression métallique : la technologie de fabrication additive par arc (WAAM) et la fusion sur lit de poudre par laser (L-PBF). Ces procédés permettent de produire en série des pièces métalliques de haute qualité, de toutes formes géométriques, allant de quelques kilogrammes à plusieurs tonnes, et de quelques millimètres à cinq mètres de diamètre, tout en réduisant considérablement les coûts et les délais de livraison. Le centre dispose également de capacités de recherche et développement, de qualification des procédés industriels, ainsi que d’une plateforme de formation destinée aux équipes internes de Framatome et à ses partenaires, visant à promouvoir l’industrialisation de la fabrication additive dans la chaîne d’approvisionnement des industries nucléaire et de défense. L’électrification des procédés et l’utilisation optimisée des matériaux et de l’énergie réduisent également l’impact environnemental de la production.
Grégoire Ponshon, PDG de Framatome, a déclaré que ce nouveau centre est au cœur de l’ambition stratégique de l’entreprise, visant à développer des actifs industriels de premier ordre pour soutenir durablement les projets nucléaires, répondre aux besoins des clients, partenaires et du secteur de la défense en France et dans le monde. Grâce à la fabrication additive, Framatome renforce l’autonomie de ses capacités industrielles, consolide sa compétitivité dans des domaines stratégiques, sécurise les chaînes d’approvisionnement critiques, tout en accélérant l’innovation pour améliorer les performances et la sécurité des installations nucléaires et de défense. Jean-Bernard Ville, vice-président exécutif senior de la division Projets et Fabrication de composants de Framatome, a souligné que ce centre illustre l’engagement de l’entreprise à utiliser des technologies innovantes pour améliorer ses performances et celles de ses clients, renforçant l’autonomie et la compétitivité des secteurs stratégiques français. Framatome en a fait l’un de ses axes métiers principaux, s’engageant à améliorer la fiabilité des approvisionnements et à stimuler l’innovation dans la conception des composants nucléaires.
Certains composants nucléaires imprimés en 3D par Framatome sont déjà en service dans des centrales nucléaires commerciales en exploitation dans le monde. En 2021, en collaboration avec la Tennessee Valley Authority (TVA) et le Oak Ridge National Laboratory aux États-Unis, Framatome a installé les premières attaches de grille de combustible en acier inoxydable imprimées en 3D au monde à la centrale nucléaire de Browns Ferry (réacteur à eau bouillante). Ces pièces servent à fixer les assemblages de combustible et à les protéger contre les vibrations intenses. En 2022, Framatome a installé une plaque de connexion supérieure en acier inoxydable imprimée en 3D à la centrale nucléaire de Forsmark, exploitée par Vattenfall en Suède. Outre les assemblages de combustible déjà installés, Framatome a fabriqué et testé des pièces mécaniques à haute résistance et des composants du circuit primaire à l’aide de la fabrication additive, notamment des roues de pompe de refroidissement primaire produites par la technologie de fabrication additive par arc, l’un des principaux axes de recherche du nouveau centre. L’entreprise a également produit des sphères spécifiques pour générateurs de vapeur (pièces complexes à géométrie interne imprimées par fusion sur lit de poudre par laser pour optimiser les performances hydrodynamiques) ainsi que des coudes de circuit primaire (coudes structurels de tuyauterie de circuit primaire de plusieurs tonnes développés à l’aide de technologies avancées de pressage isostatique à chaud et de fabrication additive). La nouvelle usine de Romans-sur-Isère prévoit de passer à une production en série à grande échelle en interne pour ces pièces d’ici fin 2026.
Ce centre de fabrication additive fait partie d’un plan d’investissement stratégique pluriannuel plus vaste de Framatome, visant à moderniser et à étendre les capacités du site de Romans-sur-Isère. Compte tenu de l’accélération du plan industriel EPR 2 et de la volonté européenne de créer une chaîne d’approvisionnement nucléaire autonome, ce plan comprend trois initiatives clés. Framatome a établi sur ce site une ligne pilote dédiée à la production de combustible TRISO (à structure isotrope tri-couche), avec un enrichissement du combustible jusqu’à 20 %, afin de soutenir les réacteurs à haute température de nouvelle génération et les petits réacteurs modulaires (SMR), notamment par le biais de collaborations avec des start-ups comme Blue Capsule Technology. Récemment, le site a également inauguré un tout nouvel atelier et complexe de production d’uranium pour sa filiale CERCA. Cette usine modernisée fournit des éléments combustibles spécialisés pour les réacteurs de recherche et les cibles, ces dernières produisant 75 % du technétium-99m mondial utilisé en imagerie médicale. En lien avec les initiatives européennes visant à réduire la dépendance aux importations de combustible russe, Romans-sur-Isère joue également un rôle central dans la production d’assemblages combustibles VVER-440 de conception occidentale. L’usine exécutera de nouveaux contrats d’approvisionnement pour des entreprises énergétiques d’Europe centrale et orientale, telles que la Slovaquie, la République tchèque, la Finlande et la Hongrie, avec un déploiement prévu pour 2027.






