fr.wedoany.com Rapport : Récemment, le président rwandais Paul Kagame et le président estonien Alar Karis ont tenu des entretiens à Genève, en Suisse, axés sur l’innovation numérique, la gouvernance électronique et les applications de l’intelligence artificielle. Ces discussions, qui se sont déroulées lors du Sommet « AI for Good Global », ne portaient pas uniquement sur les échanges politiques, mais aussi sur les infrastructures numériques telles que les systèmes de services publics numériques, les capacités informatiques gouvernementales et les règles de déploiement de l’IA.
La coopération entre le Rwanda et l’Estonie se concentre d’abord sur la gouvernance électronique. L’Estonie, qui a longtemps promu la numérisation des services gouvernementaux, a développé un modèle mature en matière de gouvernance électronique, de services publics numériques et de construction d’un écosystème technologique. Le Rwanda, quant à lui, souhaite continuer à améliorer le niveau de numérisation des services publics et à optimiser la gestion gouvernementale, les services sociaux et l’allocation des ressources publiques grâce aux technologies numériques. Ces discussions ont jeté les bases d’échanges d’expériences et de mise en relation de projets dans des domaines tels que l’identité numérique, l’administration en ligne, la gestion des données publiques et les plateformes de services numériques. Cependant, aucun projet concret, calendrier de mise en œuvre ou échelle de construction n’a encore été annoncé à ce stade.
La construction d’un gouvernement numérique ne se limite pas à transférer les services hors ligne en ligne. Son cœur inclut également l’authentification unifiée des identités, la connexion des systèmes gouvernementaux, l’échange de données, la sécurité informatique et la création de points d’accès aux services publics, permettant aux différents départements gouvernementaux de partager et d’utiliser les données selon des règles communes, et d’offrir des services stables au public via des plateformes en ligne. En faisant de la gouvernance électronique une priorité de leur coopération, le Rwanda et l’Estonie montrent que leur attention s’étend désormais des applications logicielles isolées au système global de fonctionnement numérique du gouvernement.
L’expérience de l’Estonie en matière de transformation numérique constitue une base importante pour ces discussions de coopération. Ce pays est considéré comme l’un des plus avancés au monde dans la construction d’une société numérique, avec une riche expérience dans la mise en réseau des services publics, la numérisation des opérations gouvernementales et le développement de l’industrie technologique. L’entreprise de technologies de communication Skype, née en Estonie, reflète également la base industrielle du pays dans les communications Internet, le développement logiciel et l’écosystème d’entrepreneuriat numérique.
L’intelligence artificielle constitue un autre axe majeur de cette coopération. Avant leurs entretiens, Paul Kagame et Alar Karis ont participé au lancement du « AI for Good Global Council », soutenu par les Nations Unies, dont Kagame est coprésident avec Marc Benioff, PDG et cofondateur de Salesforce. Alar Karis est l’un des membres fondateurs du conseil, et la présidente islandaise Halla Tómasdóttir y participe également.
Ce conseil rassemble 44 représentants de gouvernements, d’entreprises technologiques, d’agences des Nations Unies, d’institutions d’investissement et d’organisations internationales, et se concentre sur la manière dont les technologies d’IA sont développées, déployées et utilisées à l’échelle mondiale. Ses principales missions incluent le renforcement de la confiance dans l’IA, la promotion d’une innovation responsable, l’élargissement de l’accessibilité technologique, et la garantie que les bénéfices économiques et sociaux de l’IA soient partagés dans un plus grand nombre de pays et de régions.
Du point de vue des infrastructures numériques, la promotion de l’IA nécessite le soutien conjoint des données gouvernementales, des plateformes de calcul, des réseaux de communication et des systèmes de services publics. Les modèles et applications ne peuvent être intégrés dans des scénarios concrets tels que l’éducation, l’administration publique, les services sociaux et les opérations commerciales que s’ils sont connectés à des ressources de données stables et à des plateformes de services numériques. Ainsi, la coopération entre le Rwanda et l’Estonie autour de l’IA et de la gouvernance électronique implique en réalité une synergie entre les plateformes de gouvernement numérique, les mécanismes de gouvernance des données et l’environnement d’application de l’IA.
Ces dernières années, le Rwanda a continuellement mis l’accent sur le rôle moteur des technologies numériques dans les services publics et le développement économique. En discutant d’une coopération avec l’Estonie, le Rwanda peut tirer parti de son expérience en matière de gouvernance électronique et de services publics numériques, tout en l’adaptant aux besoins locaux de gestion gouvernementale et de services sociaux, afin d’explorer un modèle de numérisation plus adapté à sa réalité. À ce stade, les deux parties n’ont pas encore divulgué si elles mettront en place un groupe de travail conjoint, lanceront des projets pilotes ou déploieront des systèmes spécifiques. Les progrès ultérieurs dépendront des documents de coopération officiels et des arrangements de projet.
La création du conseil offre également une plateforme de coopération internationale aux deux pays. Avec la participation conjointe des gouvernements, des entreprises technologiques, des organisations internationales et des institutions d’investissement, les projets d’IA ne se limiteront plus à la recherche et au développement technologiques, mais devront également traiter des questions de gouvernance, d’impact social, de diffusion technologique et de coopération transnationale. Le Rwanda et l’Estonie peuvent continuer à participer via cette plateforme aux discussions mondiales sur les règles et les modèles d’application de l’IA, et transformer les expériences acquises en références pour la construction de leurs services publics numériques nationaux.
Ces entretiens montrent que la coopération en matière de technologies numériques s’étend des simples applications logicielles et de communication à la gouvernance électronique, à la gouvernance de l’IA et à la numérisation des services publics. Les points à surveiller à l’avenir incluent la mise en place éventuelle d’un mécanisme de coopération à long terme, le lancement de projets pilotes de gouvernement numérique, et la capacité de l’IA à trouver des applications concrètes dans le système de services publics rwandais.






