fr.wedoany.com Rapport : Bioforcetech, entreprise californienne de technologies propres, a obtenu une subvention de 310 000 dollars dans le cadre du programme Bridge Carbontech pour développer un système de dosage industriel permettant d’incorporer son matériau OurCarbon dans les mélanges de béton en centrale.

Cette subvention est accordée dans le cadre de l’Initiative de développement des technologies du carbone (Carbontech Development Initiative) de l’Université Columbia, soutenue par l’Autorité de recherche et de développement énergétique de l’État de New York (New York State Energy Research and Development Authority). Ce projet répond à deux défis croissants : la gestion des biosolides issus du traitement des eaux usées et la réduction du carbone intrinsèque des matériaux de construction.
Les biosolides sont les solides traités résultant du traitement des eaux usées. Les services publics doivent les gérer par épandage agricole, mise en décharge ou traitement supplémentaire. Avec l’intensification de la réglementation et de l’attention du public concernant les polluants comme les PFAS, les filières traditionnelles d’élimination subissent une pression accrue.
La technologie de Bioforcetech traite les biosolides sur place par séchage biologique suivi d’une pyrolyse à haute température. Son système BioDryer élimine l’humidité, puis le procédé SigmaOne chauffe le matériau en environnement pauvre en oxygène pour produire un biochar stable et riche en carbone. Le matériau obtenu, commercialisé sous la marque OurCarbon, peut être utilisé dans le béton, les encres, les peintures, les polymères et les teintures textiles.
La contamination par les PFAS est devenue un enjeu central pour les services publics des eaux usées et les gestionnaires de biosolides. Bioforcetech indique que son procédé de pyrolyse a été testé pour la réduction des PFAS, notamment sur son installation phare à Silicon Valley Clean Water, en Californie. Des tests tiers réalisés par le cabinet d’ingénierie Brown and Caldwell montrent une efficacité d’élimination des PFAS de 99,98 % pour l’ensemble du système commercial. L’Agence américaine de protection de l’environnement (US Environmental Protection Agency) a également étudié la destruction des PFAS lors de la pyrolyse des biosolides.
En matière de stockage du carbone dans le béton, Bioforcetech affirme que, selon les données de déclarations environnementales de produits tierces, chaque tonne d’OurCarbon permet de séquestrer 1,02 tonne d’équivalent CO₂ et d’éviter jusqu’à 24 tonnes d’équivalent CO₂ par rapport à la mise en décharge. Une fois incorporé dans le béton, le carbone est stocké dans un matériau de construction durable, tout en détournant les biosolides des décharges.
Dario Presezzi, PDG de Bioforcetech, déclare que l’entreprise s’engage à développer des technologies permettant de boucler la boucle et souhaite mettre à profit son expérience dans le traitement des solides issus des eaux usées pour fermer le cycle du carbone, en le stockant de manière permanente dans le béton.
Kartik Pilar, responsable du programme Carbontech Development Initiative, souligne que ce projet reflète l’objectif de l’initiative d’accélérer la commercialisation de technologies innovantes de gestion du carbone pour générer des bénéfices climatiques et économiques.
Le projet soutenu par l’Université Columbia se concentrera sur la dernière étape de la chaîne d’approvisionnement, à savoir la conception, le prototypage et la production d’un système de dosage permettant aux producteurs de béton d’utiliser OurCarbon de manière plus automatisée dans les opérations en centrale. Ce système pourra acheminer automatiquement l’OurCarbon vers les camions malaxeurs.
Garrett Benisch, directeur du développement de Bioforcetech, indique que l’État de New York est un cas exemplaire où les autorités s’attaquent à de nombreuses difficultés liées à la décarbonation et à l’assainissement des flux de matières. L’Initiative de développement des technologies du carbone considère ce projet comme une opportunité à multiples bénéfices dans les secteurs de la gestion des déchets et de la construction.
Fondée en 2012, Bioforcetech a déployé plus de 40 unités de séchage sur 17 sites aux États-Unis et en Italie, et exploite des systèmes de pyrolyse de biosolides à grande échelle dans les deux pays. Les perspectives plus larges dépendront de l’acceptation réglementaire, des performances du béton commercial, de l’économie locale de la chaîne d’approvisionnement et de la capacité à démontrer des résultats environnementaux constants à grande échelle.










