La NASA lancera le télescope spatial romain le 30 août 2026

2026-08-27 11:41
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fr.wedoany.com Rapport : La NASA a fixé le lancement du télescope spatial Nancy Grace Roman au 30 août 2026, à 7h26 heure de l'Est, depuis le pas de tir 39A du Centre spatial Kennedy en Floride, à bord d'une fusée Falcon Heavy de SpaceX. Cette mission vise à offrir une vue panoramique sans précédent de l'univers afin d'étudier certains des plus grands mystères de l'astronomie, notamment la nature de l'énergie sombre, de la matière noire et la prévalence des exoplanètes.

Selon la NASA, le télescope a terminé son traitement et ses tests finaux au Centre spatial Kennedy et est actuellement prévu pour un lancement le 30 août. Ce lancement est nettement en avance sur le calendrier initial de la mission : lors de l'achèvement de la construction en janvier 2026, la NASA avait indiqué que le télescope pourrait être lancé au plus tôt à l'automne 2026, avec un engagement officiel autorisant un lancement avant mai 2027 ; en juin, l'objectif avait été avancé au 30 août, soit environ huit mois plus tôt que le calendrier annoncé lors de l'entrée en phase finale de préparation.

Le télescope romain porte le nom de Nancy Grace Roman, première astronome en chef de la NASA, pionnière du développement des programmes d'astronomie spatiale de l'agence, souvent surnommée la « mère du télescope spatial Hubble ». Conçu pour compléter plutôt que remplacer les observatoires existants, Roman combine la qualité d'image de Hubble avec un vaste champ de vision. Son miroir principal de 2,4 mètres (7,9 pieds) de diamètre est identique à celui de Hubble ; l'instrument à grand champ (Wide Field Instrument) couvre une zone du ciel au moins 100 fois plus grande que Hubble en une seule observation, avec une vitesse de relevé pouvant atteindre 1000 fois celle de Hubble, tout en conservant une résolution et une sensibilité infrarouges comparables.

Les principaux objectifs scientifiques se concentrent sur l'énergie sombre, la matière noire et les exoplanètes. L'énergie sombre, un phénomène lié à l'accélération de l'expansion de l'univers, sera étudiée par Roman à travers la cartographie de la distribution d'un grand nombre de galaxies et l'étude de l'évolution des structures cosmiques au fil du temps, fournissant ainsi de nouvelles preuves sur l'expansion de l'univers et l'énergie sombre. La matière noire, qui n'émet ni ne réfléchit la lumière, influence par ses effets gravitationnels les galaxies et autres structures cosmiques ; les relevés à grande échelle de Roman permettront aux scientifiques d'étudier ces effets sur de vastes régions du ciel et d'affiner les modèles de distribution de la matière. Concernant les exoplanètes, Roman mènera un relevé de microlentille gravitationnelle vers le centre dense de la Voie lactée, exploitant l'effet par lequel la gravité d'une étoile de premier plan amplifie temporairement la lumière d'étoiles plus lointaines, afin de détecter des planètes difficiles à observer avec d'autres techniques. Ce relevé devrait identifier plus de 1000 exoplanètes et révéler des planètes sur diverses distances et masses, y compris celles situées plus loin de leur étoile que les exoplanètes couramment détectées. Au cours de sa mission principale de cinq ans, Roman mesurera également la lumière d'un milliard de galaxies, constituant ainsi un vaste ensemble de données pour les astronomes étudiant l'évolution des galaxies et des structures à grande échelle.

Le principal instrument scientifique est l'instrument à grand champ, une caméra proche infrarouge et spectrographe sans fente d'environ 300 millions de pixels, dont le système de détecteurs est composé de 18 puces de capteurs Teledyne H4RG-10, offrant un champ de vision d'environ 0,28 degré carré. Roman embarque également l'instrument coronographe (Coronagraph Instrument) comme démonstration technologique, destiné à bloquer l'éblouissement stellaire afin de permettre aux astronomes d'observer directement les exoplanètes proches et les disques de formation planétaire, accumulant ainsi les bases technologiques pour l'étude future de planètes masquées par la lumière de leur étoile hôte.

Après le lancement, Roman se dirigera vers le point de Lagrange L2 Soleil-Terre, situé à environ 1,5 million de kilomètres (environ 930 000 miles) de la Terre dans la direction opposée au Soleil, où l'équilibre gravitationnel entre la Terre et le Soleil permettra à l'engin spatial de maintenir une orbite stable et de bénéficier d'un environnement d'observation relativement dégagé et thermiquement stable. La mission principale devrait durer environ cinq ans, avec un objectif de conception de dix ans. L'engin spatial pourra transmettre 11 térabits de données par jour, avec un débit de liaison descendante d'environ 250 à 500 mégabits par seconde.

Cet observatoire a été assemblé par plus de 1000 techniciens et ingénieurs à partir de millions de composants individuels. La NASA a achevé la construction en janvier 2026, puis a transporté le télescope au Centre spatial Kennedy en juin à bord de la barge Pegasus, avant de procéder aux préparatifs finaux de lancement dans l'installation de services pour charges utiles dangereuses (Payload Hazardous Servicing Facility), notamment les vérifications sous tension, les panneaux solaires, les systèmes thermiques et la préparation des réservoirs de propergol. Avant l'encapsulation dans la coiffe de la Falcon Heavy, les ingénieurs rempliront Roman d'environ 290 gallons d'hydrazine.

SpaceX fournit les services de lancement dans le cadre du contrat NASA Launch Services II attribué en 2022, pour lequel le lancement était initialement prévu en octobre 2026 ; la NASA paiera environ 255 millions de dollars pour les services de lancement et les coûts associés à la mission. La mission est gérée par le Centre de vol spatial Goddard de la NASA, avec la participation du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, du Caltech/IPAC, du Space Telescope Science Institute, ainsi que de chercheurs d'institutions du monde entier. L'Agence spatiale européenne, l'Agence japonaise d'exploration aérospatiale, le Centre national d'études spatiales (CNES) et l'Institut Max Planck d'astronomie en Allemagne contribuent également à la mission.

Si le lancement se déroule comme prévu, Roman combinera la netteté des grands télescopes spatiaux avec une capacité de relevé extrêmement étendue, ajoutant une nouvelle dimension d'observation à l'astronomie spatiale. La NASA prévoit que l'ensemble massif de données scientifiques généré par ce télescope constituera une archive exploitable à long terme, soutenant, au-delà des objectifs fondamentaux, la recherche sur les galaxies, les trous noirs, les étoiles, les systèmes planétaires et d'autres phénomènes de l'univers.

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