Grève dans le secteur de l'électricité et du gaz en France : 6,5 GW de capacité de production retirés, 7 réacteurs nucléaires concernés
fr.wedoany.com Rapport : Dans la nuit du 14 au 15 septembre, une grève dans le secteur de l'électricité et du gaz en France a entraîné le retrait d'environ 6,5 GW de capacité de production de l'offre disponible à ce moment-là, principalement en raison de la réduction de puissance de 7 réacteurs nucléaires d'EDF, tandis que plusieurs centaines de mégawatts de capacité de production au gaz et hydraulique ont également été affectées. La capacité concernée a été rétablie dans la matinée du 15, mais les syndicats ont poursuivi leur mouvement de grève ce jour-là.

Cette action n'a pas été déclenchée de manière improvisée. Les quatre principales organisations syndicales du secteur de l'électricité et du gaz en France — FO Énergie et Mines, FNME-CGT, CFE Énergies et FCE-CFDT — avaient dès le 17 juillet décidé conjointement d'organiser une action sectorielle et une grève le 15 septembre, le principal point de discorde portant sur le régime des avantages en nature énergie dont bénéficient les salariés du secteur de l'électricité et du gaz, à savoir le « tarif agent ». Le 8 septembre, les syndicats concernés ont de nouveau appelé les salariés en activité et les retraités du secteur à participer à l'action du 15 septembre.
Avant la grève, des réductions volontaires de charge des unités de production s'étaient déjà produites. Le 11 septembre, certains grévistes ont anticipé en réduisant la puissance de la centrale nucléaire de Flamanville d'EDF ; dans la nuit du 14 au 15, la réduction s'est étendue à 7 réacteurs nucléaires ainsi qu'à certaines unités au gaz et hydrauliques. Cette baisse de 6,5 GW relève d'une réduction volontaire liée à un conflit social et doit être distinguée d'un arrêt non planifié causé par une défaillance d'équipement.
Ce conflit social porte sur le régime du « Tarif Agent » appliqué de longue date dans le secteur de l'électricité et du gaz en France. Cet avantage couvre actuellement environ 140 000 salariés en activité d'entreprises telles qu'EDF, Enedis, RTE, GRDF, Engie et NaTran, tandis qu'environ 160 000 retraités du secteur en bénéficient également. Les syndicats considèrent ce régime comme une composante de la rémunération dans le cadre du statut national des salariés de l'électricité et du gaz en France, et ont donc fait de la préservation de cet avantage une revendication directe de ce mouvement.
La Cour des comptes française avait déjà examiné à plusieurs reprises les coûts liés à ces avantages énergétiques. Ses documents publics indiquent que le soi-disant tarif agent correspond à la fourniture par EDF et d'autres entreprises, au personnel du secteur, d'électricité et de gaz à des prix nettement inférieurs aux tarifs de détail régulés, et implique le règlement par EDF des coûts correspondants à Enedis et RTE. En 2023, la seule évolution des prix a augmenté d'environ 205 millions d'euros les coûts liés à ce régime ; des rapports d'audit antérieurs avaient également estimé qu'EDF avait subi de ce fait une perte de revenus d'environ 295 millions d'euros en 2017.
Cette grève intervient directement à un moment où l'approvisionnement nucléaire français retrouve un niveau relativement élevé. Les données du premier semestre 2026 publiées par EDF montrent que la production totale du groupe a atteint 262,1 TWh, dont 189,9 TWh pour la production nucléaire en France, soit une augmentation de 8 TWh par rapport à la même période de 2025. Environ 70 % de l'électricité du système électrique français provient du nucléaire ; la réduction simultanée de la puissance de 7 réacteurs constitue donc la part principale de cette baisse d'approvisionnement de 6,5 GW.
Quelques jours avant la grève, certaines unités nucléaires d'EDF venaient juste de retrouver leur production. L'unité n° 1 de la centrale nucléaire de Paluel a achevé sa quatrième visite décennale et a été reconnectée au réseau le 12 septembre ; cette unité appartient à la classe de réacteurs de 1 300 MW. L'unité n° 3 a quant à elle été reconnectée au réseau national français le 14 septembre à 9 h 12. EDF a confirmé ce jour-là que les quatre unités de Paluel étaient en fonctionnement. L'unité n° 2 de la centrale nucléaire de Blayais a également été reconnectée au réseau le 12 septembre. Ces arrêts normaux pour maintenance et raisons techniques constituent des événements d'exploitation distincts de la réduction de production liée à la grève qui a suivi.
Dans la matinée du 15, la baisse de capacité de production nocturne causée par cette grève avait été rétablie, et les informations publiques ne font état d'aucune coupure massive d'électricité pour les usagers en France. L'action prévue par les syndicats devait se poursuivre jusqu'au 15, de sorte que la puissance de production effective des unités nucléaires, hydrauliques et au gaz d'EDF dépendait encore des réductions de production mises en œuvre ce jour-là par les grévistes.
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