Dans le périmètre d'intérêt national Euroméditerranée des Bouches-du-Rhône, à Marseille, le chantier du campus porté par le promoteur Redman pour le groupe d'enseignement supérieur Omnes est en cours depuis plus d'un an. Ce projet fait preuve d'innovation technique en ayant massivement recours à la préfabrication et aux matériaux biosourcés, illustrant la quête de durabilité et d'efficacité de la construction moderne.

L'établissement public Euroméditerranée imposait initialement l'utilisation de terre et recommandait un procédé de l'entreprise Saint-Gobain. Cependant, le délai de livraison avant la rentrée 2026 était incompatible avec le temps nécessaire pour obtenir une Atex (Appréciation technique d'expérimentation). Pour respecter le cahier des charges, Redman et les architectes ont conçu une solution : insérer le matériau en remplissage dans une structure poteaux-poutres en béton. « Cela permet de conserver la terre tout en garantissant la faisabilité technique et assurantielle du projet », explique Jérôme Apack, cofondateur de l'agence d'ingénierie AT, maître d'œuvre. S'inspirant de pratiques constructives locales, il a intégré une structure en chaînage dans le béton bouchardé et prévu des murs non porteurs entre les fenêtres pour accueillir des blocs de terre crue compressée de 260 kg.

Ces blocs de terre, préfabriqués par l'entreprise Filiater, spécialisée dans la valorisation des terres excavées, et posés par l'entreprise de façades GT Construction, ont ensuite été enduits à la chaux pour s'intégrer au quartier. La quantité de terre disponible sur site étant limitée, Filiater a prélevé de la terre sur un autre chantier marseillais, collectant et transformant 260 tonnes de terre via 10 transports en semi-remorques pour produire 1 000 blocs utilisés sur les trois premiers niveaux. Initialement prévue pour 400 tonnes, la transformation a dû être adaptée : face aux difficultés de réglage des machines, GT Construction a proposé d'utiliser à la place de gros blocs de pierre issus de la carrière SOC du Gard, en conservant la même méthode constructive. Après un mois d'étude et l'obtention des autorisations, la décision a été actée début décembre, permettant de terminer fin janvier les trois derniers niveaux.

« La progression de la structure étant conditionnée par le rythme de pose des éléments de remplissage, car les murs en béton viennent recouvrir les blocs de terre, nous avons pu réagir rapidement en phase chantier pour substituer la pierre à la terre », indique Yannick Baujeu, directeur de projet chez Redman. « La carrière a produit rapidement les 500 blocs restants. Grâce à la mobilisation des équipes, nous avons tenu le calendrier et nos engagements environnementaux. » Ainsi, l'entreprise de gros œuvre Ovatis achèvera les travaux mi-février comme prévu. « Ce changement souligne la résilience du projet et l'adaptabilité de la structure poteaux-poutres, ce qui n'aurait pas été possible si la terre avait été porteuse », souligne Jérôme Apack. D'une surface de 6 200 m² pour un montant de travaux de 14,8 millions d'euros HT, le projet implique plusieurs entreprises comme GT Construction et Ovatis.










