Depuis février 2024, l'industrie chimique européenne continue de faire face à des pressions opérationnelles. Les données montrent que le secteur a déjà fermé 101 installations de production, entraînant une perte totale de capacité chimique de 25 millions de tonnes et une réduction de plus de 75 000 emplois. On estime que le coût de reconstruction de ces installations fermées est d'environ 70 milliards d'euros.
L'analyse sectorielle estime que les principaux facteurs à l'origine de la situation actuelle sont les coûts énergétiques élevés, la charge croissante de la taxe carbone et l'efficacité insuffisante des instruments de protection commerciale. Actuellement, les prix de l'électricité industrielle et du gaz naturel en Europe sont environ quatre fois plus élevés que ceux du marché américain, ce qui affecte directement la compétitivité mondiale d'industries à forte intensité énergétique comme la chimie.
Le transfert de capacité entraîne également des changements dans le schéma des émissions. En raison du déplacement des activités de production vers des régions à plus forte intensité d'émissions de carbone, comme les États-Unis et la Chine, les émissions mondiales de dioxyde de carbone ont augmenté de plus de 20 millions de tonnes par rapport à la période précédant ce transfert. Cette tendance reflète l'écart entre les politiques de réduction des émissions au niveau régional et les effets réels des émissions au niveau mondial.
Pour relever ces défis, l'industrie propose trois recommandations politiques : réduire le délai de détermination des droits antidumping de la période actuelle à six mois, suspendre la taxe carbone pendant cinq ans, et prendre des mesures ciblées pour réduire les prix de l'énergie industrielle. Ces propositions visent à offrir une marge de manœuvre pour l'ajustement de la production chimique locale et à créer les conditions pour des investissements ultérieurs.









