Depuis mars 2026, les banques centrales de plusieurs pays africains ont successivement annoncé le lancement ou l'avancement de plans nationaux d'achat d'or. En intégrant l'or dans leurs actifs de réserve, elles cherchent à optimiser la structure de leurs réserves de change et à renforcer leur capacité à résister aux risques financiers externes.

La Banque d'Ouganda (Bank of Uganda) a officiellement lancé ce mois-ci son plan national d'achat d'or, visant à acquérir au moins 100 kilogrammes d'or entre mars et juin 2026. Adam Mugume, directeur exécutif de la recherche et de l'analyse économique de la banque centrale, a déclaré que cette initiative vise à renforcer la structure des actifs en devises étrangères et à réduire la dépendance aux fluctuations des marchés financiers internationaux. Les achats concernent les mineurs artisanaux ainsi que les producteurs de toutes tailles, et des arrangements de raffinage sont actuellement finalisés avec les affineurs.
La Banque centrale de la République démocratique du Congo (Central Bank of the Democratic Republic of Congo) a établi un partenariat avec la société minière publique DRC Gold Trading SA pour lancer un programme systématique d'acquisition d'or artisanal. La banque centrale a indiqué que cette mesure vise à combler le vide d'un pays producteur d'or majeur en Afrique sans réserves d'or physique. Si l'objectif d'acquisition annuelle de 15 tonnes de DRC Gold Trading est atteint, la banque centrale injectera environ 24 milliards de dollars par an dans le système monétaire local.
Le dernier rapport de la Société financière africaine (AFC) révèle que le continent africain possède des ressources aurifères estimées à plus de 5 000 milliards de dollars, dont plus de 1 000 milliards de dollars de réserves non exploitées. Cependant, l'or ne représente actuellement qu'environ 15 % (environ 70 milliards de dollars) des réserves totales de change de l'Afrique, laissant une marge significative pour une augmentation. Le rapport souligne que l'or combine une liquidité profonde, une tarification transparente et une monétisation rapide, permettant aux pays riches en ressources de convertir directement leur production locale en actifs de réserve.
Le Conseil africain de l'or (Africa Gold Council), créé en février, est en contact avec les banques centrales de plusieurs pays d'Afrique de l'Est et de l'Ouest pour fournir un soutien en matière de recherche et de données pour la gestion des réserves d'or. L'Égypte et la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) ont également signé récemment un protocole d'accord, prévoyant la création d'une banque panafricaine de l'or dans une zone franche égyptienne, intégrant les fonctions de raffinage, d'entreposage, de transaction et de règlement, afin de promouvoir la localisation de la chaîne de valeur de l'or en Afrique.









