Pour passer des exportations de matières premières à des maillons industriels à plus forte valeur ajoutée, la République démocratique du Congo promeut activement une stratégie de transformation des minerais critiques. Le pays détient environ 70 % des réserves mondiales de cobalt et 10 millions de tonnes de ressources en cuivre, mais ne génère actuellement qu'environ 6,3 milliards de dollars de revenus annuels grâce à l'exportation de minerais bruts et de matériaux semi-transformés, loin de maximiser la valeur de ses ressources. 
Les analyses économiques montrent que la transformation est bien plus rentable que l'exportation de minerais bruts. Selon les données de la Banque mondiale, la marge bénéficiaire à l'exportation des concentrés de cobalt est d'environ 15 à 25 %, tandis que la prime pour les métaux raffinés peut atteindre 40 à 60 %, et celle pour la poudre de cobalt de haute pureté peut même atteindre 80 à 120 %. Parallèlement, une étude du Conseil international des mines et métaux (ICMM) indique que l'effet multiplicateur d'emplois de l'industrie de transformation en aval est significatif : chaque emploi minier peut générer environ 4,5 emplois en aval. Actuellement, le secteur minier de la RDC emploie directement environ 224 000 personnes ; si la transformation locale était pleinement réalisée, cela pourrait créer plus d'un million d'emplois.
La répartition de la valeur est particulièrement frappante dans la situation actuelle : l'extraction du minerai brut ne représente que 5 à 8 % de la valeur du produit final, tandis que les étapes de fusion et de raffinage peuvent en représenter 35 à 50 %. Les entités congolaises ne captent actuellement que de maigres bénéfices en amont de la chaîne de valeur, tandis que 65 à 95 % de la valeur finale des produits sont captés par les entreprises internationales.
Pour changer cette dynamique, la RDC promeut la montée en gamme industrielle par des politiques et une législation. Sa stratégie minière de 2021 fait du raffinage local un objectif central, tandis que le décret n° 107 de 2018, entré en vigueur en janvier 2019, stipule qu'au moins 50 % des concentrés de cobalt et de cuivre doivent être transformés sur le territoire national avant exportation, créant ainsi une incitation de marché pour les investissements dans la transformation. Le cas du Rwanda voisin fournit une référence régionale : depuis 2010, le pays a développé la transformation de l'étain et du tantale, traitant 8 000 tonnes de concentrés d'étain par an en sept ans, créant 2 400 emplois et contribuant à 8 % des revenus d'exportation.









