La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré lors d'un événement à Paris que la réduction du secteur nucléaire en Europe était une « erreur stratégique ». Elle a souligné que la part du nucléaire était passée d'environ un tiers en 1990 à 15 % aujourd'hui, rendant l'Europe plus dépendante des importations de pétrole et de gaz, dont les prix ont fortement augmenté récemment. 
Mme von der Leyen a insisté sur le fait que la « dépendance totale à des importations coûteuses et volatiles » de combustibles fossiles plaçait l'Europe dans une position défavorable. Elle a déclaré : « La réduction de la part du nucléaire est un choix. Je pense que renoncer à une source d'électricité fiable, abordable et à faible émission en Europe est une erreur stratégique. » Le ministre allemand de l'Environnement, Carsten Schneider, a critiqué cette position, qualifiant la stratégie de von der Leyen de « régressive », et a souligné que l'électricité éolienne et solaire était plus propre, plus sûre et ne produisait pas de déchets radioactifs.
L'UE a développé les énergies renouvelables, mais les centrales au gaz représentent toujours une part importante du mix électrique, et les combustibles fossiles dominent la consommation énergétique dans les transports et le chauffage. La dépendance aux importations de pétrole et de gaz a exposé les pays européens à une flambée des prix de l'énergie en 2022, lorsque la Russie a réduit ses approvisionnements en gaz.
Signe d'une acceptation accrue de la technologie nucléaire par l'UE, Mme von der Leyen a annoncé que la Commission exécutive fournirait des garanties de 200 millions d'euros pour les investissements privés dans les technologies nucléaires innovantes, financées par le marché du carbone de l'UE. Le budget de l'UE ne finance pas directement les projets nucléaires, faute de soutien unanime des 27 États membres. Certains pays comme le Danemark et les Pays-Bas ont assoupli leur position sur le nucléaire, tandis que l'Autriche et le Luxembourg restent opposés.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré lors de l'événement que l'UE devait diversifier ses approvisionnements en uranium, et que la France prévoyait d'augmenter ses capacités d'enrichissement. Les données douanières montrent qu'en 2025, la France a importé 39 % de son uranium enrichi de Russie. M. Macron a également proposé une standardisation à l'échelle européenne des conceptions de réacteurs, ce qui pourrait bénéficier à l'entreprise publique française de nucléaire EDF, qui a rencontré des difficultés lors d'appels d'offres récents.
En 2024, le sud-coréen KHNP a remporté un appel d'offres pour construire une nouvelle centrale nucléaire en République tchèque, d'une valeur d'au moins 180 milliards de dollars, tandis que l'entreprise perdante EDF a tenté de bloquer cette décision en justice. Le nucléaire joue un rôle clé dans la transition énergétique européenne, et l'évolution future des politiques mérite une attention particulière.









