Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a récemment annoncé la relance du projet de construction d'une ligne à grande vitesse, longtemps mis en suspens, prévoyant un investissement d'environ 34 milliards de dollars pour un corridor ferroviaire d'environ 500 kilomètres. Une fois achevé, il deviendra le premier système à grande vitesse en Afrique subsaharienne.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré que le ministère des Transports d'Afrique du Sud poursuivait activement les préparatifs du projet ferroviaire à grande vitesse, visant à relier les principaux centres économiques du pays. La première phase du projet se concentrera sur la construction d'un corridor stratégique reliant le KwaZulu-Natal, le Gauteng et le Limpopo, avec des liaisons prévues entre Johannesburg et Musina, ainsi qu'entre eThekwini et Johannesburg.
Ce projet constitue un élément central du plan de ligne à grande vitesse Limpopo-Gauteng, prévoyant la construction d'environ 500 kilomètres de voies pour relier Pretoria, Polokwane et Musina, près de la frontière avec le Zimbabwe. L'investissement total estimé est d'environ 34 milliards de dollars (530 milliards de rands), ce qui en ferait l'un des plus importants investissements dans les infrastructures de transport de l'histoire de l'Afrique. Parallèlement, la province du Gauteng prévoit d'investir environ 6,3 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour la modernisation du réseau ferroviaire, l'extension des lignes de banlieue et la construction d'infrastructures d'accompagnement pour le corridor à grande vitesse. Cependant, l'envergure du projet suscite également des inquiétudes au sein du secteur concernant son financement à long terme et sa viabilité globale.
Le gouvernement sud-africain a indiqué que le projet avait attiré un vif intérêt sur le marché. Suite à l'appel à manifestation d'intérêt lancé l'année dernière, près de 30 entreprises ont exprimé leur volonté de participer à la construction et au financement. La prochaine étape consistera à publier un appel à propositions pour faire avancer le projet vers la phase de mise en œuvre. Des études de faisabilité et des évaluations d'impact environnemental sont actuellement en cours afin de garantir le respect des normes de sécurité, économiques et environnementales. Le ministère des Transports collabore avec les gouvernements provinciaux du Gauteng et du Limpopo, ainsi qu'avec des investisseurs privés, pour élaborer des solutions de financement et techniques.
L'idée d'une ligne à grande vitesse en Afrique du Sud remonte à plus de dix ans et a été relancée en 2019. Selon la planification actuelle, le projet devrait démarrer sa construction fin 2026 et être opérationnel avant 2030. Cependant, il reste confronté à des défis majeurs, tels que l'expropriation foncière, nécessitant des négociations avec les communautés riveraines et les propriétaires terriens concernés.
Actuellement, le développement des lignes à grande vitesse en Afrique reste limité. La ligne Tanger-Casablanca au Maroc est la seule ligne à grande vitesse en service sur le continent, avec une vitesse maximale de 320 km/h. Par ailleurs, avec le soutien de Siemens Mobility, l'Égypte construit un réseau ferroviaire à grande vitesse d'environ 2 000 kilomètres, reliant les villes côtières de la Méditerranée, Le Caire et les principaux ports de la mer Rouge. Si le projet sud-africain adopte la norme de lignes dédiées avec une vitesse supérieure à 250 km/h, il deviendra le premier véritable système ferroviaire à grande vitesse en Afrique subsaharienne.









