La décarbonation de la métallurgie japonaise dépend de la chaîne industrielle verte du détroit d'Ormuz
2026-05-27 17:08
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fr.wedoany.com Rapport : La forte dépendance du Japon aux approvisionnements énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz expose sa transition industrielle « verte » à de nouveaux risques géopolitiques. Selon une analyse du Japan Times, environ 90 % à 95 % des importations japonaises de pétrole brut transitent par le golfe Persique, de sorte que toute perturbation des voies maritimes au Moyen-Orient aurait un impact direct sur sa sécurité énergétique.

Face à cette situation, Tokyo accélère sa stratégie de décarbonation et de diversification énergétique, avec des mesures telles que l'expansion des énergies renouvelables, le développement de la production électrique nationale et du nucléaire. Parallèlement, le Japon étudie de grands projets nucléaires, dont un accord de 40 milliards de dollars avec les États-Unis, et prévoit de redémarrer la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa. Cependant, une contradiction majeure persiste : les chaînes d'approvisionnement censées atteindre les objectifs « verts » restent largement tributaires des mêmes routes de transport vulnérables que les énergies fossiles qu'elles cherchent à remplacer.

Ce dilemme est particulièrement marqué dans le secteur sidérurgique. Le Japon produit environ 80,67 millions de tonnes d'acier par an, avec des procédés traditionnels de haut-fourneau extrêmement intensifs en émissions de carbone. Le pays s'efforce de se tourner vers les technologies de four à arc électrique (EAF) et de réduction directe du fer par l'hydrogène (H2-DRI), mais ces deux orientations dépendent d'une consommation massive d'énergie et d'un approvisionnement énergétique stable. En outre, la position concurrentielle du Japon sur le marché mondial de l'acier constitue une contrainte structurelle déterminante. Contrairement à la Chine qui mise sur les économies d'échelle et la demande intérieure, la métallurgie japonaise se concentre sur des produits d'exportation de haute qualité et des niches hautement spécialisées. Cela signifie que la décarbonation doit être menée tout en préservant la compétitivité en termes de coûts et de qualité, alors que le passage aux technologies EAF et H2-DRI nécessite une électricité coûteuse et une logistique entièrement nouvelle pour les matières premières. Ainsi, l'« acier vert » n'est pas seulement un projet technique, mais concerne également le positionnement du Japon dans la hiérarchie industrielle mondiale.

Cette situation engendre un nouveau paradoxe : le Japon importe de plus en plus de matériaux « verts » intermédiaires, comme le fer réduit en provenance des Émirats arabes unis et d'Australie, et développe des chaînes d'approvisionnement en hydrogène au Moyen-Orient grâce à des coopérations avec la MENA Hydrogen Alliance et Saudi Aramco. En conséquence, le détroit d'Ormuz n'est pas seulement crucial pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié, mais tout autant pour les futures chaînes industrielles « vertes », ce qui accentue la dépendance du Japon envers ce même nœud géopolitique qu'il tente de contourner.

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