fr.wedoany.com Rapport : La Corée du Sud et le Canada ont signé le 2 juin 2026 à Ottawa un accord global de coopération énergétique, par lequel Séoul s’engage à plus que tripler ses importations de pétrole brut canadien et à accroître considérablement le commerce de gaz naturel liquéfié (GNL) entre les deux pays. Cet accord a été officiellement conclu lors d’un forum bilatéral co-organisé par les ministères de l’Énergie des deux nations, alors que la situation au Moyen-Orient reste instable et perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales, poussant Séoul à rechercher des partenaires énergétiques plus fiables en dehors du détroit d’Ormuz.
Le forum d’Ottawa s’est tenu le 2 juin 2026, co-organisé par le ministère sud-coréen du Commerce, de l’Industrie et des Ressources (Ministry of Trade, Industry and Resources) et le ministère canadien de l’Énergie et des Ressources naturelles (Ministry of Energy and Natural Resources). Kang Hoon-sik, représentant spécial du président sud-coréen pour la coopération stratégique économique et chef du secrétariat présidentiel, a participé au forum, marquant sa deuxième visite au Canada en 2026, ce qui témoigne de l’importance que Séoul accorde aux relations bilatérales. Les deux gouvernements décrivent ce partenariat comme « les meilleurs partenaires stratégiques l’un pour l’autre », fondé sur des valeurs communes et la stabilité géopolitique pour approfondir leur coopération.
Le conflit prolongé en Iran et les perturbations continues dans le détroit d’Ormuz ont changé la manière dont les pays envisagent leurs chaînes d’approvisionnement énergétique. Pour la Corée du Sud, un importateur majeur d’énergie avec une production intérieure limitée, ces perturbations constituent une menace directe et immédiate. Séoul cherche activement à réduire sa dépendance au détroit d’Ormuz, dont l’interruption affecte presque immédiatement le transport de pétrole et de gaz vers l’Asie de l’Est. La concurrence mondiale croissante autour des minéraux critiques accentue encore l’urgence. Le Canada, avec ses abondantes réserves d’hydrocarbures et son profil géopolitique stable, répond aux critères recherchés par Séoul.
Les données clés de l’accord sont significatives. La Corée du Sud prévoit de porter ses importations de pétrole brut canadien de 4,88 millions de barils en 2025 à 16 millions de barils en 2026, soit une multiplication par environ 3,3 en un an. Les responsables étudient également une expansion supplémentaire jusqu’à 20 millions de barils par an. À ce niveau, la Corée du Sud deviendrait la troisième destination d’exportation du pétrole brut canadien, derrière les États-Unis et la Chine. Cet accord a une valeur stratégique réelle pour Ottawa : plus de 90 % de la production de pétrole brut canadien est dirigée vers les États-Unis au sud, et la diversification des exportations vers l’Asie a toujours été un objectif politique de long terme pour le Canada.
Le commerce du gaz naturel a occupé une place importante dans les discussions d’Ottawa. La Corée du Sud vise à obtenir 3,4 millions de tonnes de GNL par an en provenance du Canada, pour une valeur d’environ 6,41 milliards de dollars canadiens (soit environ 4,6 milliards de dollars américains). La réalisation de cet objectif dépend en partie de la participation de la Corée du Sud à la deuxième phase d’un projet de GNL à Kitimat, en Colombie-Britannique, dont la décision finale d’investissement est attendue au troisième trimestre 2026. Si la coopération se déroule comme prévu, la part du GNL canadien dans les importations sud-coréennes pourrait passer de 1,7 % en 2025 à 3 % en 2031, constituant un changement significatif dans la structure des sources d’approvisionnement.
La Corée du Sud considère depuis longtemps la sécurité énergétique comme une priorité politique centrale. Avec une production intérieure très faible et une forte dépendance aux importations, la fiabilité des chaînes d’approvisionnement est une préoccupation constante pour les décideurs politiques. Le Canada tente depuis des années d’étendre ses exportations de GNL et de pétrole brut vers les marchés asiatiques, les infrastructures étant le principal facteur limitant. Le terminal GNL de Kitimat, sur la côte Pacifique du Canada, offre une route d’exportation vers le Pacifique qui contourne complètement le détroit d’Ormuz. L’accord du 2 juin combine les besoins de diversification de Séoul et les ambitions d’exportation d’Ottawa, avec des importations de pétrole brut pouvant atteindre 20 millions de barils par an et un commerce de GNL pouvant atteindre 3,4 millions de tonnes par an.
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