Signature d’un accord gazier de 33 milliards de m³ sur 15 ans entre BOTAŞ (Turquie) et SOCAR (Azerbaïdjan)
2026-06-15 14:21
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fr.wedoany.com Rapport : La société turque des pipelines (BOTAŞ) et la compagnie pétrolière nationale d’Azerbaïdjan (SOCAR) ont signé un accord d’approvisionnement en gaz naturel d’une durée de 15 ans lors de la Semaine de l’énergie de Bakou. Selon cet accord, l’Azerbaïdjan s’engage à livrer 33 milliards de mètres cubes de gaz naturel à la Turquie entre 2029 et 2044. Le géant français de l’énergie TotalEnergies et la compagnie pétrolière nationale d’Abou Dhabi (ADNOC) se sont joints en tant que cosignataires. Le ministère turc de l’Énergie et des Ressources naturelles (Türkiye's Energy and Natural Resources Ministry) a indiqué que cet accord ouvre une nouvelle phase dans le partenariat énergétique de long terme entre les deux pays.

La cérémonie de signature s’est déroulée pendant la Semaine de l’énergie de Bakou. BOTAŞ, SOCAR, TotalEnergies et ADNOC ont tous signé l’accord, témoignant d’un large soutien multilatéral. La présence d’un géant français et d’une compagnie pétrolière d’un État du Golfe aux côtés de deux entreprises publiques énergétiques suffit à illustrer l’ampleur des ambitions derrière cet accord.

Le ministère turc de l’Énergie et des Ressources naturelles a salué cet accord comme marquant une nouvelle étape dans les relations énergétiques bilatérales entre Ankara et Bakou. Ce partenariat repose déjà sur des décennies de coopération en matière d’infrastructures partagées et de projets en amont.

Le gaz promis par l’accord proviendra principalement du gisement de condensats de gaz d’Absheron (Absheron gas-condensate field), situé à environ 100 km au sud-est de Bakou, en mer Caspienne. Ce gisement, estimé à 350 milliards de mètres cubes de réserves de gaz et environ 45 millions de tonnes de condensats, est l’une des découvertes offshore les plus importantes de l’Azerbaïdjan. La production commerciale du gisement d’Absheron a débuté en 2023 dans le cadre de la première phase, menée conjointement par SOCAR et TotalEnergies. Des phases d’expansion sont déjà planifiées, avec une augmentation significative de la production attendue dans les années à venir, ce qui correspond au calendrier de livraison du nouvel accord, qui ne commence qu’en 2029. Ce délai laisse le temps nécessaire pour accroître la capacité de production en vue des premières livraisons.

Le ministère turc de l’Énergie et des Ressources naturelles a clairement indiqué que cet accord dépasse une simple transaction gazière bilatérale. Selon des responsables, il soutient l’objectif plus large d’Ankara de positionner le pays comme un hub énergétique régional, une stratégie qui façonne la politique énergétique turque depuis des années. Le ministère a souligné que l’augmentation des approvisionnements en provenance d’Azerbaïdjan bénéficiera non seulement à la Turquie, mais aussi aux pays voisins et au marché européen. Cette déclaration replace l’accord dans un contexte géopolitique plus large, alors que l’Europe cherche encore des alternatives au gaz russe par pipeline.

Le ministre Alparslan Bayraktar a noté que le gazoduc transanatolien (Trans-Anatolian Natural Gas Pipeline, TANAP), en tant qu’infrastructure clé, dispose encore d’une marge de croissance, avec une capacité largement inutilisée. Il a souligné l’importance d’exploiter pleinement ce gazoduc. Bayraktar a également annoncé que la Turquie négocie activement d’autres accords d’approvisionnement, tout en élargissant les interconnexions gazières et électriques avec les pays voisins et les partenaires européens.

Le président Recep Tayyip Erdogan, s’exprimant lors de l’ouverture de la Semaine de l’énergie de Bakou, a replacé le nouvel accord dans l’histoire de la coopération énergétique de long terme entre l’Azerbaïdjan et la Turquie. Il a cité l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum et le TANAP comme preuves de la profondeur des relations infrastructurelles bilatérales, et a évoqué la coopération sur les champs pétroliers d’Azeri-Chirag-Gunashli et le champ gazier de Shah Deniz, ainsi que le projet émergent de Shafag-Asiman.

Erdogan a également évoqué le Turkménistan. « Nous avons des opportunités majeures pour développer davantage notre coopération dans l’exportation du gaz turkmène via l’Azerbaïdjan et la Turquie », a-t-il déclaré. Cette remarque a attiré l’attention sur le concept du gazoduc transcaspien, une proposition visant à acheminer le gaz turkmène à travers la mer Caspienne jusqu’à l’Azerbaïdjan, puis via le corridor gazier méridional vers la Turquie et l’Europe. Ce projet n’a pas dépassé le stade des discussions et reste une perspective plutôt qu’un engagement, bien qu’Erdogan et Bayraktar aient tous deux suggéré que l’élan autour de cette initiative se renforce.

L’accord BOTAŞ-SOCAR couvre 33 milliards de mètres cubes de gaz sur 15 ans, avec une période de livraison de 2029 à 2044. Le gisement de condensats de gaz d’Absheron, déjà en production commerciale, devrait être la principale source d’approvisionnement. TotalEnergies et ADNOC sont cosignataires, conférant à l’accord un caractère nettement international. La Turquie considère cet accord comme faisant partie de sa stratégie de hub énergétique, la capacité résiduelle du TANAP étant présentée comme un corridor de transport prêt à l’emploi. Le transit du gaz turkmène reste en discussion, mais n’a pas encore avancé jusqu’à la phase de mise en œuvre. Parallèlement, Ankara recherche de nouveaux accords d’approvisionnement et des connexions infrastructurelles avec les pays voisins et les partenaires européens.

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