Le Royaume-Uni signe un contrat de plusieurs centaines de millions de livres pour des armes laser face à la menace des drones
2026-06-25 12:01
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fr.wedoany.com Rapport : Plusieurs pays se lancent dans le déploiement de systèmes d’armes laser de haute puissance pour relever le défi de la défense antiaérienne posé par les drones bon marché. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Inde, entre autres, avancent leurs projets respectifs, visant à abattre des cibles aériennes à plusieurs kilomètres de distance pour un coût extrêmement faible.

L’utilisation généralisée des drones bon marché a bouleversé la logique traditionnelle de la défense antiaérienne. Ces petits drones, qui ne coûtent que quelques centaines de dollars, peuvent attaquer en essaims, rendant économiquement insoutenable le recours à des missiles intercepteurs coûtant des millions de dollars. Les armes laser de haute puissance sont apparues en réponse à ce besoin : tant qu’elles sont alimentées en électricité, leurs munitions ne s’épuisent pas, elles peuvent atteindre leur cible à la vitesse de la lumière, et le coût par tir n’est que de quelques dollars.

Israël a pris les devants en déployant un système laser de haute puissance nommé « Iron Beam », destiné à abattre des drones, des roquettes et des obus de mortier. Cela a incité d’autres pays à emboîter le pas.

Un tir laser consomme principalement de l’électricité, pour un coût de seulement quelques dollars, tandis que le coût d’un missile intercepteur équivaut à celui d’une voiture de luxe, voire plus. Face à une attaque d’essaims de drones, un pays qui dépend des missiles épuisera son budget avant même de repousser l’assaut.

Les armes laser ont aussi des limitations physiques : elles perdent de la puissance sous la pluie, le brouillard et la poussière, et nécessitent des systèmes de visée précis ainsi qu’une source d’énergie embarquée robuste. Cependant, pour les drones de taille petite à moyenne volant à plusieurs kilomètres, elles offrent la solution la plus économique et efficace à ce jour.

Au Royaume-Uni, le projet « DragonFire » est passé de la phase de test à celle des contrats concrets. L’entreprise britannique MBDA a signé un accord de plusieurs centaines de millions de livres pour livrer ce système à la marine et à l’armée de terre. Auparavant, le système avait démontré sa capacité à abattre des cibles aériennes depuis un véhicule blindé Wolfhound, et son calendrier de déploiement a été avancé par rapport au plan initial.

L’Allemagne développe, en collaboration avec Rheinmetall, un système laser naval prévu pour être déployé dans les prochaines années, après avoir effectué des tests de faisceau sur une frégate. La France a constitué un consortium industriel national. L’agence de recherche en défense indienne a testé un laser de 30 kilowatts, capable de détruire des drones et de petits aéronefs à une distance d’environ cinq kilomètres.

Les conflits récents ont accentué la demande pour ce type d’armes. Dans la guerre en Ukraine et les attaques en mer Rouge, des drones valant quelques milliers de dollars ont contraint les forces de défense à consommer des missiles intercepteurs coûteux, un échange économiquement intenable à long terme. Les États-Unis sont également très actifs, en installant des systèmes comme HELIOS sur des navires de guerre et en testant pour l’armée de terre des lasers d’une puissance de 300 kilowatts ou plus, capables de passer de la neutralisation de petits drones au ciblage de missiles et de roquettes.

L’objectif central de tous ces projets est de transformer la défense anti-drones en une dépense soutenable. Un pays qui ne compte que sur des missiles pour intercepter des essaims perd la guerre économique même en gagnant la bataille. Le laser promet de renverser cette situation.

Illustration d’un faisceau laser frappant une cible aérienne

Le tournant actuel réside dans la production en série. Passer des prototypes et des démonstrations au déploiement de centaines de systèmes sur des navires, des bases et des véhicules est ce qui distingue les promesses de la réalité. Les pays qui maîtriseront la production en série détermineront la manière dont la défense à basse altitude sera assurée dans la prochaine décennie. Israël a ouvert la voie, les pays européens suivent rapidement, et l’Inde prouve que des puissances moyennes peuvent aussi atteindre ce niveau. La prochaine étape ne consiste plus à inventer le laser lui-même, mais à le produire en masse et à en réduire le coût, afin de pouvoir le déployer partout où des drones pourraient apparaître, du pont d’un navire de guerre au toit d’un véhicule blindé en mouvement.

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