La sonde BepiColombo, fruit d’une collaboration entre l’Europe et le Japon, atteindra Mercure en novembre 2026
2026-07-06 15:58
Favoris

fr.wedoany.com Rapport : La sonde BepiColombo, développée conjointement par l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA), après près de huit ans de navigation dans le système solaire interne, arrivera à Mercure en novembre 2026 et sera capturée par son orbite. Ce sera la troisième visite humaine de cette planète, rarement visitée dans le système solaire, et le deuxième orbiteur à y séjourner.

BepiColombo a été lancée le 20 octobre 2018. Le long délai avant d’atteindre Mercure n’est pas dû à une panne, mais au prix à payer pour atteindre cette planète située au fond du puits gravitationnel du Soleil. Tout objet tombant vers le Soleil accélère, ce qui fait que la sonde arriverait trop vite pour être capturée, à moins de ralentir considérablement avant l’arrivée. La mission utilise une trajectoire longue et patiente, ainsi que neuf survols planétaires comme « freins », dont un survol de la Terre, deux de Vénus et six de Mercure elle-même. Chaque survol rapproché, combiné à la poussée douce des moteurs ioniques, consomme une partie de la vitesse. La mission a mis huit ans à décélérer plutôt qu’à accélérer.

Lors de son lancement en 2018, la mission était composée de trois engins spatiaux : un module de transfert transportant les autres parties et faisant fonctionner le système de propulsion ionique, sur lequel étaient empilés deux orbiteurs — l’orbiteur planétaire européen Mercury Planetary Orbiter, chargé d’étudier la surface et l’intérieur de Mercure, et l’orbiteur japonais « Mio », chargé d’étudier le champ magnétique de Mercure et son environnement. À l’arrivée, le module de transfert est largué, les deux orbiteurs se séparent et entrent chacun en orbite. C’est la première fois que deux engins spatiaux étudient simultanément Mercure, l’un observant les roches, l’autre l’environnement magnétique.

En avril 2024, les ingénieurs ont découvert que les propulseurs de BepiColombo ne pouvaient plus fournir leur pleine puissance en raison d’un courant inattendu dans le module de transfert entre les panneaux solaires et l’unité de distribution d’énergie. En raison de la poussée réduite, la date d’arrivée prévue n’était plus réalisable. L’équipe de dynamique de vol de l’agence a conçu une nouvelle trajectoire, incluant des survols plus rapprochés de Mercure lors des passages restants, afin d’utiliser la gravité de la planète pour ralentir davantage. Cet ajustement préserve l’intégralité de la mission scientifique, mais retarde l’entrée en orbite d’environ 11 mois, de décembre 2025 à novembre 2026.

BepiColombo a effectué son dernier survol de Mercure en janvier 2025, puis a achevé la phase principale de croisière à propulsion ionique en juin 2026, entrant dans la « phase d’arrivée ». La capture en novembre est un processus progressif, lent et à faible poussée, et non une combustion dramatique de moteur comme pour les missions martiennes. Comme la sonde repose sur une propulsion stable à faible poussée et que ses propulseurs ne peuvent plus atteindre la puissance prévue, la dernière série de manœuvres doit être exécutée avec précision pour ajuster sa vitesse afin qu’elle soit « faiblement » capturée par la gravité de Mercure en orbite polaire. Ensuite, la séparation des orbiteurs et leur mise en orbite scientifique détaillée suivront, la mission scientifique principale devant débuter en 2027.

Mercure possède un noyau de fer massif, occupant la majeure partie de la planète, une proportion bien supérieure à celle de toute autre planète rocheuse. C’est la seule planète interne, avec la Terre, à posséder un champ magnétique global, et ses cratères polaires, jamais exposés à la lumière du Soleil, semblent contenir de la glace d’eau. La sonde « Mariner 10 » de la NASA a survolé Mercure trois fois en 1974 et 1975, sans jamais s’y arrêter. La sonde « MESSENGER » de la NASA a orbité autour de Mercure de 2011 à 2015, révolutionnant notre compréhension de cette planète. Cette troisième mission (le deuxième orbiteur seulement) répondra à des questions sur l’origine de son noyau massif, comment la petite planète maintient son champ magnétique, et la nature des matériaux dans les cratères polaires ombragés.

Mercure, destination de BepiColombo (illustration). Source de l’image : Zelch Csaba / Pexels.

Ce texte est rédigé, traduit et republié à partir des informations de l'Internet mondial et de partenaires stratégiques, uniquement pour la communication entre lecteurs. En cas d'infraction au droit d'auteur ou d'autres problèmes, veuillez nous en informer à temps pour la modification ou la suppression. La reproduction de cet article est strictement interdite sans autorisation formelle. Mail : news@wedoany.com