fr.wedoany.com Rapport : Le Broadband India Forum (BIF) a exhorté l’Autorité de régulation des télécommunications de l’Inde (TRAI) à réviser son cadre d’autorisation proposé pour les réseaux de communication par satellite (SCN), estimant que les communications par satellite devraient être réglementées en tant que service de télécommunications plutôt que comme une autorisation de réseau, et conformément à la Loi sur les télécommunications de 2023.
Dans son avis final soumis après la consultation publique de la TRAI sur le cadre d’autorisation des SCN, le BIF a indiqué que la proposition actuelle présente des « défauts structurels fondamentaux » qui ne respectent pas l’intention du Parlement et pourraient entraîner des défis juridiques, opérationnels et d’investissement dans le secteur des communications par satellite, en pleine expansion rapide en Inde.
Le BIF demande la création d’une autorisation indépendante pour les services satellitaires. L’organisation affirme que la Loi sur les télécommunications de 2023 reconnaît explicitement les communications par satellite comme un service de télécommunications distinct. Selon cette organisation sectorielle, l’annexe I de cette loi classe les communications mobiles personnelles par satellite (GMPCS), les stations terriennes à très petite ouverture (VSAT), les téléports, la diffusion directe à domicile (DTH) et les services mobiles par satellite (MSS) comme des catégories de services distinctes éligibles à une attribution administrative du spectre. Le BIF souligne également que la TRAI avait auparavant préconisé, dans ses premières recommandations réglementaires, de considérer les communications par satellite comme un service de télécommunications. L’organisation estime que les communications par satellite devraient continuer à être autorisées en vertu de l’article 3(1)(a) de la Loi sur les télécommunications et intégrées dans les Règles d’autorisation des principaux services de télécommunications de 2026, plutôt que d’être réglementées uniquement comme une autorisation de réseau.
L’une des principales préoccupations du BIF concerne l’attribution administrative du spectre satellitaire. Selon l’avis, l’absence d’une autorisation dédiée aux services satellitaires crée une incertitude quant à savoir qui sera le bénéficiaire légitime du spectre satellitaire attribué administrativement en vertu du point 16 de l’annexe I de la Loi sur les télécommunications. Le BIF prévient que l’attribution du spectre via une autorisation de réseau plutôt que via une autorisation de service pourrait entraîner des ambiguïtés concernant l’éligibilité au spectre, les responsabilités réglementaires, les obligations de conformité et les responsabilités en matière de licence. Le forum estime que cette incertitude pourrait entraver les investissements alors que l’Inde se prépare à un déploiement à grande échelle de la large bande par satellite.
Le BIF conteste également le modèle à deux niveaux des réseaux de communication par satellite (SCN) proposé par le Département des télécommunications. Selon le cadre proposé, les opérateurs de réseaux satellitaires fourniraient la capacité réseau, tandis que les fournisseurs de services terrestres, autorisés séparément, fourniraient directement les services aux utilisateurs finaux. Le BIF estime que cette couche d’autorisation supplémentaire complexifie inutilement les opérations et alourdit la charge réglementaire. Au lieu de cela, l’organisation recommande de permettre aux opérateurs satellitaires de fournir directement des services de télécommunications par satellite via une autorisation indépendante, simplifiant ainsi les licences, améliorant la conformité et créant un cadre réglementaire plus transparent.
Le BIF estime que la structure d’autorisation proposée pourrait en fin de compte affecter les consommateurs. La séparation des fournisseurs de réseaux satellitaires en gros des fournisseurs de services de détail pourrait augmenter les dépenses opérationnelles, les coûts de conformité et la complexité administrative. Selon le forum, ces coûts supplémentaires pourraient entraîner une hausse des prix de la large bande par satellite, un ralentissement du déploiement des connexions satellitaires, des retards dans la couverture large bande dans les zones rurales et reculées, ainsi qu’une baisse de la confiance des investisseurs. L’organisation affirme qu’un cadre d’autorisation simplifié contribuerait à accélérer le déploiement d’une large bande par satellite abordable, tout en soutenant les objectifs d’inclusion numérique de l’Inde.
Alors que les opérateurs mondiaux se préparent à lancer des services commerciaux de large bande à travers l’Inde, le secteur indien des communications par satellite entre dans une phase de croissance cruciale. La large bande par satellite devrait compléter les infrastructures terrestres dans les zones où le déploiement de la fibre et des réseaux 5G reste économiquement difficile, en étendant la connectivité aux villages reculés, aux opérations maritimes, à l’aviation, à la reprise après sinistre, aux communications de défense et aux applications d’entreprise. Les prévisions sectorielles de plusieurs sociétés d’études de marché indiquent que le marché mondial des communications par satellite dépassera les 40 milliards de dollars d’ici le début des années 2030, porté par la demande de connectivité large bande, les applications de l’Internet des objets (IoT), les communications directes vers les appareils et les constellations de satellites en orbite terrestre basse (LEO). Avec une clarté réglementaire croissante et une accélération des déploiements commerciaux, l’Inde est largement considérée comme l’un des marchés de la large bande par satellite à la croissance la plus rapide. Des opérateurs satellitaires mondiaux tels que Starlink, Eutelsat OneWeb, SES, le projet Kuiper d’Amazon et Viasat étendent leurs capacités de large bande par satellite à l’échelle mondiale, tandis que les entreprises indiennes se préparent aux opportunités commerciales dans le cadre réglementaire en évolution.
T.V. Ramachandran, président du BIF, a déclaré que le secteur soutient pleinement un accroissement des investissements, une concurrence renforcée et une expansion plus rapide de l’écosystème indien des communications par satellite. Il a souligné que l’« autorisation indépendante proposée pour les services de télécommunications par satellite » serait conforme à la Loi sur les télécommunications de 2023, à la Politique spatiale indienne et au Plan national d’attribution des fréquences (NFAP) publié par le Département des télécommunications. Le BIF estime qu’un cadre d’autorisation juridiquement solide et technologiquement neutre offrirait une certitude à long terme aux investisseurs tout en soutenant le développement durable du secteur.
La consultation sur les SCN est considérée comme l’une des initiatives réglementaires les plus importantes pour le secteur émergent des communications par satellite en Inde. Le cadre final adopté par la TRAI et le Département des télécommunications déterminera comment les opérateurs satellitaires obtiendront des autorisations, recevront le spectre attribué administrativement et concurrenceront sur le marché indien de la large bande. Un régime d’autorisation clair devrait jouer un rôle clé dans l’attraction des investissements, l’accélération du déploiement commercial de la large bande par satellite, l’extension de la connectivité dans les zones mal desservies et la promotion des ambitions numériques de l’Inde, alors que les communications par satellite s’intègrent de plus en plus à la 5G, à l’IoT et à la connectivité d’entreprise.






