Le réchauffement climatique pourrait pousser plus de la moitié des stocks de poissons transfrontaliers vers la haute mer, posant de nouveaux défis à la gestion des pêches
2025-10-17 17:20
Source:Fish and Fisheries
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Une nouvelle étude publiée le 30 juillet dans la revue Science Advances montre que, sous l’effet du changement climatique, d’ici 2050, plus de la moitié des populations de poissons transfrontaliers à l’échelle mondiale traverseront les frontières entre les zones économiques exclusives (ZEE) et la haute mer, la plupart migrant vers la haute mer, où la gestion des pêches est plus difficile et où le risque de surexploitation est accru, posant ainsi d’importants défis à la gestion des pêches.

Contexte et résultats de l’étude

De nombreuses espèces de poissons à forte valeur commerciale se répartissent entre les zones économiques exclusives des pays et les eaux internationales (haute mer), une situation compliquée par le réchauffement des océans dû au changement climatique. L’étude révèle que, d’ici 2050, parmi les 347 populations de poissons transfrontaliers d’importance commerciale à l’échelle mondiale, plus d’un tiers migreront vers la haute mer, et au moins un cinquième vers les ZEE, ce qui entraînera des changements significatifs dans la répartition relative des stocks de poissons. En modélisant des scénarios à faibles et fortes émissions de gaz à effet de serre, l’étude constate que les changements dans les océans d’ici 2050 seront « très similaires » dans les deux scénarios, avec des variations légèrement plus marquées dans le scénario à fortes émissions.

Points de vue et préoccupations

Les experts mettent en garde : Malin Pinsky, professeur associé de biologie à l’Université de Californie à Santa Cruz, avertit que la gestion des pêches en haute mer est peu efficace, et le changement climatique pousse les ressources halieutiques dans « la gueule du lion ». Les pays tropicaux, qui contribuent peu à la crise climatique, risquent de perdre des ressources halieutiques vitales.

Objectifs et limites de l’étude : Juliano Palacios-Abrantes, auteur principal de l’étude, explique que l’objectif est d’encourager les gestionnaires des pêches à réaliser des analyses plus détaillées des ressources halieutiques et à promouvoir des études localisées et spécialisées. Cependant, les auteurs soulignent que la collecte de données sur de nombreuses espèces est insuffisante, ce qui affecte la précision des conclusions. Pinsky partage cet avis, notant que l’absence de données sur les espèces autres que celles à haute valeur commerciale complique l’analyse.

Appel à une interdiction : Rashid Sumaila, co-auteur de l’étude, milite depuis longtemps pour une interdiction de la pêche en haute mer. Il considère que les résultats renforcent la nécessité d’une telle mesure, la haute mer pouvant devenir un sanctuaire de biodiversité pour les espèces migratrices, empêchant leur exploitation inéquitable et évitant l’intensification de la pêche hauturière à forte intensité carbone.

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