Dans les villes tropicales comme Singapour, les orages de l'après-midi provoquent souvent des coupures de courant temporaires dans les communautés, ce qui constitue un défi pour la stabilité des réseaux électriques dépendant de l'énergie solaire. L'ingénieur civil Markus Schläpfer et son équipe ont publié un article dans Nature Communications, proposant d'utiliser les batteries des véhicules électriques comme solution de stockage d'énergie pour équilibrer l'intermittence de la production solaire sans avoir à construire des infrastructures coûteuses.
Schläpfer souligne : « Lorsqu'un orage traverse une zone alimentée par l'énergie solaire, les véhicules électriques stationnés peuvent servir de source d'énergie pour compenser la production insuffisante. Après la tempête, les voitures peuvent être rechargées via le système photovoltaïque. » Cette méthode vise à éviter les coûts élevés des solutions traditionnelles, comme les câbles de transmission souterrains à Singapour dont la construction coûte environ 60 millions de dollars singapouriens par kilomètre.
Les chercheurs du monde entier explorent l'utilisation des batteries de véhicules électriques comme source d'énergie de secours pour les réseaux. Schläpfer explique : « Les batteries des voitures peuvent réinjecter de l'électricité dans le réseau, réduisant ainsi le besoin d'importer de l'électricité des communautés voisines, ce qui évite l'installation de nouveaux câbles. » Pendant les orages, les véhicules électriques locaux libèrent leur énergie stockée pour stabiliser le réseau, sans nécessiter de transmission sur de longues distances.
L'étude met en avant l'importance de gérer l'échelle. Les stratégies d'optimisation traditionnelles à l'échelle de la ville pourraient exacerber les déséquilibres locaux, doublant potentiellement la charge des lignes de transmission. La gestion de la recharge par communauté, comme mise en œuvre dans les 55 zones planifiées de Singapour, pourrait réduire la charge maximale des lignes d'environ 18 % les jours de tempête, tout en lissant la courbe de demande quotidienne.
L'efficacité de cette méthode dépend de l'emplacement des véhicules stationnés : les zones résidentielles disposent de moins de batteries disponibles pendant la journée, tandis que c'est l'inverse pour les zones commerciales. L'utilisation de données de téléphones anonymisées peut optimiser le modèle. Même dans des environnements à faible taux de possession de voitures, comme Singapour où une voiture est partagée par huit résidents, cette solution reste efficace. Schläpfer déclare : « Seulement quelques véhicules sont nécessaires pour que la solution fonctionne. » Cela offre une option efficace et à faible coût pour les réseaux solaires des villes tropicales.
Détails de la publication : Auteurs : Columbia University School of Engineering and Applied Science ; Titre : « How electric cars could help tropical cities run on solar » ; Publié dans : Nature Communications (2026) ; Informations sur la revue : Nature Communications.












