fr.wedoany.com Rapport : Le 22 mai, le président français Emmanuel Macron a annoncé un financement supplémentaire d'un milliard d'euros pour la stratégie quantique française, lors de sa participation au Forum européen sur le calcul haute performance, les sciences et technologies quantiques et les semi-conducteurs, qui s'est tenu au grand centre de calcul du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Bruyères-le-Châtel. Le même jour, le gouvernement français a également annoncé un investissement de 550 millions d'euros pour soutenir le secteur de la microélectronique, formant ainsi une nouvelle vague d'investissements dans les technologies de pointe d'un montant total de 1,5 milliard d'euros.
Ce milliard d'euros constitue un ajout supplémentaire aux investissements quantiques déjà existants en France. Dès janvier 2021, la France avait lancé une stratégie nationale pour les technologies quantiques, prévoyant alors d'investir 1,8 milliard d'euros sur cinq ans, dont un milliard provenant de l'État français, couvrant des domaines tels que le calcul quantique, la communication quantique, la détection quantique et la cryptographie quantique. En 2024, la France a également fait avancer un projet de prototype d'ordinateur quantique via le système d'acquisition de la défense, l'agence de l'innovation de défense ayant sélectionné cinq entreprises quantiques françaises — Alice & Bob, C12, Pasqal, Quandela et Quobly — avec pour objectif de produire deux prototypes d'ordinateurs quantiques universels de conception française d'ici 2032, pour un investissement total dépassant 500 millions d'euros. Avec ce nouveau milliard d'euros, la politique quantique française s'étend désormais de la recherche préliminaire, de l'incubation de start-up et de la validation de prototypes vers l'industrialisation, les marchés publics et la construction d'une chaîne d'approvisionnement européenne autonome.
Lors de ce forum, Emmanuel Macron a placé les technologies quantiques, la puissance de calcul et les semi-conducteurs dans un même cadre stratégique, visant la souveraineté technologique de la France et de l'Europe dans les infrastructures de calcul de prochaine génération. Le calcul quantique est considéré comme un secteur clé d'avenir après l'intelligence artificielle, avec des applications potentielles couvrant la découverte de médicaments, la simulation de matériaux, la modélisation financière, les systèmes cryptographiques et l'optimisation complexe. Pour la France, le plan quantique n'est pas un simple budget de recherche, mais vise à faire progresser dans une même chaîne les laboratoires universitaires, les organismes nationaux de recherche, les start-up, les entreprises industrielles, les acquisitions de défense et la coopération européenne. Paris-Saclay, le CNRS, le CEA et les entreprises quantiques françaises constituent les principaux piliers de l'écosystème quantique français, et les nouveaux fonds renforceront davantage les canaux de transfert, de la recherche fondamentale aux prototypes d'ingénierie, des composants de base aux logiciels et algorithmes, et des plateformes d'essai aux clients industriels.
Cette expansion des investissements par la France intervient également dans un contexte d'accélération de la concurrence quantique internationale. L'agence Reuters a rapporté que les États-Unis ont récemment dévoilé un plan d'investissement en capital de 2 milliards de dollars destiné aux entreprises de calcul quantique, afin de renforcer leur position de leader dans les technologies de calcul de prochaine génération. Face aux investissements continus de grandes puissances économiques comme les États-Unis et la Chine dans les domaines du calcul, de la communication et de la sécurité quantiques, la France souligne que les 18 à 24 prochains mois seront cruciaux pour établir une chaîne de valeur quantique européenne autonome. La compétition dans l'industrie quantique est passée de la simple publication d'articles et des percées en laboratoire à une compétition globale englobant les talents, le financement, les plateformes d'essai, les marchés publics, l'accès au cloud, les applications de défense et la validation par les clients industriels.
Les entreprises françaises seront les principales bénéficiaires de cette vague d'investissements. Alice & Bob participe déjà au programme PROQCIMA piloté par le ministère français des Armées et bénéficie du soutien de NVentures, le fonds de capital-risque de Nvidia, pour développer des technologies matérielles réduisant les erreurs de calcul quantique ; des entreprises comme Pasqal, Quandela, C12 et Quobly sont également au cœur de l'écosystème quantique français. Pour passer du prototype à un système utilisable, l'ordinateur quantique doit simultanément surmonter des défis liés à la stabilité des qubits, à la capacité de correction d'erreurs, au contrôle cryogénique, aux plateformes photoniques ou à atomes neutres, aux puces spécialisées, à l'électronique de contrôle, à la pile logicielle et aux algorithmes d'application. Si les nouveaux fonds publics sont combinés aux acquisitions de défense, aux plateformes de recherche et aux besoins des clients industriels, ils pourront aider les entreprises françaises à obtenir des cycles de R&D plus longs et des scénarios de validation plus stables à un stade où les voies technologiques ne sont pas encore complètement figées.
Cette vague d'investissements sera également articulée avec les politiques européennes sur les semi-conducteurs et le calcul haute performance. Le calcul quantique lui-même est indissociable des équipements cryogéniques, des puces de contrôle, de la fabrication de précision, des composants optoélectroniques, du packaging avancé, des chaînes d'outils logiciels et du soutien des plateformes de calcul haute performance. Le fait que la France ait présenté un plan de soutien à la microélectronique lors du même événement montre que sa conception politique ne se limite pas à soutenir des entreprises quantiques individuelles, mais tente d'intégrer le matériel quantique, la chaîne d'approvisionnement en semi-conducteurs, les centres de supercalculateurs et la souveraineté technologique européenne dans un même système d'infrastructure. Les prochaines étapes du projet incluent le plan concret d'allocation des nouveaux fonds, la liste des entreprises quantiques sélectionnées, l'avancement du prototype PROQCIMA, l'articulation avec les projets de R&D collaboratifs européens, et la capacité du plan quantique français à produire des produits de calcul, de communication et de détection industrialisables d'ici 2030.
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