fr.wedoany.com Rapport : Nokia, grâce à la technologie de tomographie optique, a transformé une ligne de fibre optique de production de 2000 km en un réseau de capteurs distribués actifs. Cette technologie, développée par Nokia Bell Labs, a été validée en collaboration avec les opérateurs de réseaux de recherche et d'éducation nordiques CSC, Sikt et SUNET, dans un environnement réseau en exploitation réelle.
Dans la maintenance réseau traditionnelle, il est difficile pour les opérateurs de connaître en temps réel l'état physique de l'infrastructure de fibre optique, se contentant généralement de tests de continuité de base pour déterminer si la ligne est interrompue. Les réseaux de fibre optique à haut débit sont les artères invisibles de la société, mais de nombreux opérateurs ne possèdent pas réellement les tronçons de fibre externe qu'ils louent, ces parties étant comme des « boîtes noires » cachant des menaces de sécurité telles que l'écoute clandestine. De plus, des risques cachés comme le dragage des ancres de navires, les excavations de chantier ou les tensions sur les câbles ne sont souvent découverts qu'après avoir provoqué une interruption de connexion, entraînant des réparations d'urgence coûteuses.
La solution de Nokia Bell Labs transforme la fibre de verre passive en capteurs distribués grâce à la tomographie du réseau optique. Sa technologie de base consiste à analyser les infimes variations de l'état de polarisation de la lumière transmise. Les vibrations, les changements de température ou les contraintes mécaniques forcent la lumière à dévier, modifiant ainsi l'état de polarisation. Sylvain Almonacil, ingénieur de recherche, explique que l'équipe n'ajoute pas de nouveaux capteurs, mais transforme les transpondeurs du réseau eux-mêmes en capteurs pour observer le système de l'intérieur. L'essai a utilisé le moteur en silicium Nokia PSC 6S, doté d'algorithmes avancés intégrés qui surveillent en continu l'état de polarisation, cartographiant presque en temps réel les contraintes physiques sur le câble, sans affecter la vitesse de transmission des données.
Les émetteurs-récepteurs cohérents situés aux deux extrémités de la liaison fibre servent de capteurs de bord principaux, effectuant des mesures à haute fréquence et collectant les données de polarisation brutes. Le matériel de bord alimente les données à des algorithmes de traitement centralisés qui corrèlent les infimes variations enregistrées aux deux extrémités de la liaison, localisant avec précision la position et l'intensité des perturbations. Cette méthode permet de suivre de bout en bout les tronçons de fibre traversant plusieurs domaines d'exploitation, y compris ceux entièrement gérés par des opérateurs télécoms tiers, améliorant ainsi la perception contextuelle et permettant aux administrateurs de connaître précisément les vibrations environnementales spécifiques et leur localisation géographique.
Le réseau d'essai était basé sur l'infrastructure de fibre optique de 2000 km de SUNET, transportant le trafic réel des universités et instituts de recherche nordiques. Lors de la validation des données d'exploitation sur trois semaines, les estimations de tomographie numérique ont parfaitement correspondu aux mesures physiques réelles obtenues à partir du réseau multi-domaines, cartographiant avec succès tous les types de fibre et les longueurs exactes des tronçons sur toute la ligne, sans perturber les données clients principales. Alors que la localisation traditionnelle des ruptures de fibre nécessitait plusieurs jours et des investissements importants, la nouvelle technologie réduit la zone de recherche de centaines de kilomètres à un tronçon spécifique, permettant aux opérateurs d'intervenir avant que les dommages physiques ne se produisent.
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