fr.wedoany.com Rapport : Le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloğlu, a confirmé qu’un projet de corridor ferroviaire reliant l’Arabie saoudite à la Turquie, passant par la Jordanie et la Syrie, a été défini et devrait être achevé dans un délai de trois à quatre ans. L’investissement total du projet est estimé à 5,5 milliards de dollars, et la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) s’est engagée à fournir 750 millions de dollars pour les infrastructures ferroviaires du tronçon turc. Cette ligne est conçue pour transporter des marchandises, du pétrole, du gaz naturel et des passagers, tout en servant d’alternative terrestre au détroit d’Ormuz.
Selon le plan du projet, ce corridor reliera le réseau ferroviaire existant de l’Arabie saoudite aux lignes du sud-est de la Turquie. Le réseau saoudien s’étend déjà jusqu’à la frontière jordanienne au poste-frontière de Haditha, tandis que le réseau turc se connecte via İslahiye, Kilis et Gaziantep. Actuellement, il manque encore environ 400 kilomètres de voie entre la Syrie et la Jordanie, et un montant de 100 millions de dollars a été alloué à la réparation de la ligne ferroviaire allant de la Turquie à Alep, ainsi qu’à l’établissement d’une connexion directe avec Damas. Une étude de faisabilité couvrant l’ensemble du corridor devrait être achevée d’ici fin 2025. La première phase du projet transportera des marchandises, des hydrocarbures et des passagers, tandis que les phases ultérieures relieront d’autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), notamment les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Oman, et peut-être le Yémen, ainsi que l’Irak. Ce corridor est également envisagé comme une route potentielle pour le pèlerinage annuel du Hajj et pourrait intégrer les plans logistiques liés au projet NEOM de l’Arabie saoudite, afin de soutenir l’ambition de Riyad de devenir un centre logistique mondial dans le cadre de la « Vision 2030 ».
Ce corridor turco-saoudien est considéré comme un concurrent direct du corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), actuellement en suspens. Lancé en 2023 avec le soutien des États-Unis, de l’Inde et de l’Union européenne, l’IMEC devrait coûter environ 20 milliards de dollars et prévoit de passer par les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Jordanie et Israël pour atteindre l’Europe. Ce projet est bloqué en raison de sa dépendance à la normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite, Riyad conditionnant cette normalisation à des progrès irréversibles vers la création d’un État palestinien. En revanche, la nouvelle ligne ferroviaire contourne complètement Israël, empruntant une route historiquement établie via la Syrie et la Jordanie, avec un coût en capital d’environ un quart de celui de l’IMEC.
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