Le fisc sud-africain utilise l’IA pour empêcher plus de 100 millions de rands de fuites de capitaux
2026-06-21 11:35
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fr.wedoany.com Rapport : Le South African Revenue Service (Sars) a empêché, grâce à l’intelligence artificielle, plus de 100 millions de rands de fuites de capitaux non conformes, et prévoit d’étendre davantage l’utilisation de l’IA afin qu’elle puisse traiter la majorité des interactions avec les contribuables.

Le fisc sud-africain traque les fraudeurs fiscaux avec l’IA

Lors d’un événement du Sars à Pretoria, le commissaire Johnstone Makhubu a présenté une stratégie d’IA à deux volets : l’un a déjà donné des résultats en matière de conformité et de lutte contre la fraude, tandis que l’autre vise à transformer l’expérience d’interaction des contribuables avec l’institution. La saison des déclarations fiscales 2026 a débuté le 1er juillet avec les évaluations automatiques, les déclarations des particuliers étant ouvertes du 13 juillet au 23 octobre. Lors de l’événement, Makhubu a présenté les équipements technologiques préparés pour cette saison, notamment des véhicules de service mobiles 4×4 couvrant les zones rurales, des bornes libre-service modernisées, ainsi que des canaux numériques tels que WhatsApp, l’application mobile, l’USSD et le chatbot « Ask Lwazi ». Il a indiqué que le Sars passe d’un rôle de gestionnaire à celui de prestataire de services, et de la complexité à la simplicité.

Au cours des dix dernières années, le Sars a intégré l’apprentissage automatique dans ses opérations de conformité, renforçant ses capacités en matière de détection des risques, de priorisation des dossiers et d’efficacité opérationnelle. Cela s’inscrit dans le cadre de la réforme « Modernisation 3.0 », annoncée plus tôt cette année, qui combine la conformité pilotée par l’IA avec l’identification biométrique des contribuables et le système de paiement instantané prévu. Makhubu a souligné que le Sars, grâce à des algorithmes utilisant de grands modèles de langage pour lire plusieurs sources de données, a déjà empêché plus de 100 millions de rands de fuites de capitaux non conformes. Le système recoupe simultanément les relevés bancaires, les déclarations de TVA et les données des entreprises et de la Commission de la propriété intellectuelle, en utilisant des algorithmes de correspondance et des analyses pour signaler les anomalies et les déclarations erronées. Le Sars insiste sur le fait que l’IA ne prend pas de décisions de conformité de manière autonome ; les signaux de risque sont transmis au service de sélection des dossiers, qui évalue d’autres entrées et applique des règles métier établies, toutes les opérations étant effectuées dans le cadre d’une gouvernance des données.

La stratégie orientée client, plus ambitieuse, repose sur une IA générative actualisée. Le Sars a déjà déployé l’assistant IA « Ask Lwazi » sur son site web et prévoit d’atteindre une hyper-personnalisation. En prenant l’administration fiscale chinoise comme référence, Makhubu a indiqué que le Sars pourrait utiliser l’IA pour traiter 80 % des demandes téléphoniques. Il a décrit l’objectif à court terme d’utiliser la reconnaissance optique de caractères pour traiter les documents soumis via un agent IA, sans intervention humaine. Le sous-commissaire Carl Scholtz a déclaré que l’IA est utilisée pour faire correspondre et nettoyer les données tierces reçues par le Sars de la part des employeurs, des banques, des organismes d’aide médicale et d’autres institutions. La vérification assistée par IA en est à sa troisième phase de tests internes, et certaines fonctionnalités entreront en production dans les 12 prochains mois. Marius Papenfus, responsable de la gestion des données d’entreprise, a présenté plusieurs modèles probabilistes : l’un classe les dossiers en fonction de la probabilité et de la faisabilité du recouvrement, un autre prédit si une personne physique devrait être assujettie à l’impôt en fonction de son activité économique, et un troisième estime l’ampleur des revenus potentiellement sous-déclarés par un contribuable en utilisant les données de propriété d’entreprise et les registres des marchés publics.

Le Sars insiste sur le maintien du pouvoir de décision final humain dans les décisions de conformité, ce qui constituera un enjeu central pour concrétiser son ambition d’automatisation à grande échelle tout en conservant une supervision humaine minimale.

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