La galerie de protection du porche de la cathédrale d’Angers, conçue par Kengo Kuma, inaugurée pour un coût de 2,7 millions d’euros
2026-06-21 16:21
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fr.wedoany.com Rapport : Le cabinet japonais Kengo Kuma & Associates a conçu et réalisé une galerie de protection contemporaine pour le porche de la cathédrale Saint-Maurice d’Angers, inaugurée le 9 avril. Située devant ce monument historique protégé, cette galerie a pour fonction de préserver un ensemble de statues colorées et peintes datant du Moyen Âge. Le grand portail sculpté de la cathédrale, réalisé en 1150, est une œuvre emblématique de l’art gothique primitif, représentant des scènes de l’Apocalypse de saint Jean. Ses peintures, bien que repeintes au XVIIe siècle, conservent encore environ 70 % de leurs couleurs d’origine.

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La cathédrale, construite entre le XIe et le XVIe siècle, est classée monument historique depuis 1862. Le porche abritant les statues est exposé aux intempéries en raison de la situation de l’édifice, au sommet d’une colline surplombant la Maine, dans le centre-ville d’Angers. Le porche, en tuffeau tendre local, est très fragile. La Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire indique que les travaux de restauration ne pouvaient être menés qu’en parallèle de la création d’une protection permanente. Auparavant, les statues étaient protégées des intempéries par un grand caisson en bois, jusqu’à la construction de la nouvelle galerie. Un bâtiment médiéval du XIIIe siècle avait autrefois abrité ces couleurs, mais, vétuste, il fut démoli en 1807. Les peintures, quant à elles, sont restées endormies sous un badigeon blanc jusqu’à leur redécouverte lors des travaux de restauration achevés en 2019.

L’équipe parisienne de Kengo Kuma, en collaboration avec l’agence Brunelle, architecte du patrimoine, a remporté le concours de conception en proposant la construction d’une nouvelle galerie. Celle-ci devait impérativement s’inscrire dans l’emprise de l’ancien bâtiment, sans endommager les vestiges de ses fondations enterrées. Aucun point de fixation ne pouvant être installé sur la façade historique, la structure devait être autoportante. Sa hauteur se situe entre le sommet du porche et le bord inférieur de la corniche. Ces contraintes ont défini un volume parallélépipédique de 11,20 mètres de haut et 21 mètres de long. La galerie est constituée de sept arches, dont les reins reposent sur des murs inclinés, et les voussures présentent un motif en gradins pour renforcer la légèreté, inspiré des plis des vêtements en pierre des personnages du porche. Le matériau utilisé est un béton préfabriqué à base de granulats de la Loire, dont la teinte dorée rappelle celle du tuffeau. Les arches adoptent un profil en plein cintre roman, afin d’éviter toute dissonance avec les arcs brisés de style angevin. Kengo Kuma a déclaré préférer la simplicité romane, concevant la galerie comme un « monolithe d’une pureté extrême ». La galerie est conçue pour ne pas créer d’obstacle, permettant au public d’apercevoir les statues médiévales depuis l’espace public, avec une profondeur intérieure variant entre 5 et 7 mètres.

L’éclairage de la galerie, conçu par l’agence 8'18'', vise à mettre en valeur les statues du XIIe siècle. La lumière provient de deux grands appliques suspendues dans les creux des arches intérieures, installées à 4,50 mètres de hauteur, pour éclairer directement le tympan. Les luminaires sont encastrés dans des niches ovoïdes élancées, hautes de 2,60 mètres et larges de seulement 60 centimètres, avec des sources LED encapsulées dans des coques en acier inoxydable microperforé fabriquées par La Forge de Style. Symétriquement placés face au porche, ils diffusent une lumière blanc chaud en harmonie avec la pierre, et éclairent le parvis côté structure par des interstices, conférant à la galerie un caractère de lanterne. Le maître d’ouvrage est la Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire, pour le compte du ministère de la Culture. La surface construite est de 147 m², pour un coût des travaux de 2,7 millions d’euros HT. La maîtrise d’œuvre comprend Kengo Kuma & Associates (architecte), Brunelle Architecture (architecte du patrimoine), Betem Atlantique (ingénieur TCE, économiste, coordinateur de chantier) et 8'18'' Lumière (concepteur lumière). Les principales entreprises sont Albizzati (gros œuvre ; en partenariat avec Jousselin Préfabrication, sous-traitant pour les éléments en béton préfabriqué et Bfup), Luc Durand (VRD), Cegelec (CFO, CFA) et La Forge d’art Loubière (métallerie).

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