Le « Projet de loi modificatif des télécommunications 2026 » du Pakistan suspendu en raison d’un différend sur le droit à la propriété privée
2026-06-23 10:03
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fr.wedoany.com Rapport : Le « Projet de loi de 2026 sur les télécommunications (restructuration) (modification) » du Pakistan a provoqué une tempête politique lors des débats parlementaires en raison d’un différend sur le droit à la propriété privée, et a été suspendu par la commission permanente de l’information et des télécommunications du Sénat.

Controverse autour du projet de loi modificatif des télécommunications au Pakistan en 2026

Ce projet de loi, présenté par la ministre des Technologies de l’information, Shaza Fatima Khawaja, vise à modifier la « Loi sur les télécommunications » de 1996 afin d’accélérer le déploiement de la fibre optique et la construction d’infrastructures de télécommunications. L’amendement redéfinit la clause relative au « droit de passage », remplaçant l’expression originale « droit de traverser des terrains ou des propriétés pour fournir des services de télécommunications » par « accès du concessionnaire aux infrastructures de télécommunications », et ajoute les articles 27A et 27B, portant sur le droit de passage et son exécution. Akhunzada Hussain Ahmad Yousufzai, porte-parole de l’opposition « Mouvement de protection de la Constitution du Pakistan » (Tehreek-i-Tahafuz-i-Ayin-i-Pakistan, abrégé TTAP), a souligné que la nouvelle définition, incluant l’expression « entrer ou utiliser des locaux », signifie que les opérateurs peuvent installer des antennes sur des propriétés privées, et que les propriétaires refusant de coopérer pourraient être passibles d’une amende de 50 millions de roupies. Le TTAP estime que ce projet de loi viole les droits à la propriété et à la vie privée garantis par la Constitution.

Le projet de loi a été adopté à l’Assemblée nationale le 11 juin, puis soumis le 15 juin à l’examen de la commission permanente de l’information et des télécommunications du Sénat. Le porte-parole du TTAP a salué l’intervention du président de cette commission, qui a empêché le projet de loi d’être soumis directement au vote en séance plénière du Sénat. L’opposition a critiqué l’adoption précipitée du texte sans examen approfondi et a accusé la ministre des Technologies de l’information d’erreurs procédurales dans le processus législatif.

Face à la controverse, le Premier ministre Shehbaz Sharif a décidé de créer une commission d’enquête chargée d’examiner la législation proposée. Le TTAP y voit une reconnaissance des lacunes dans la rédaction du projet de loi et conteste la composition de la commission, uniquement constituée de représentants gouvernementaux, exigeant l’inclusion de membres de l’opposition pour garantir la crédibilité de l’examen.

Le ministère des Technologies de l’information a ensuite publié un communiqué officiel démentant les accusations de l’opposition. Le communiqué souligne que la nouvelle clause sur le droit de passage « ne permet pas aux opérateurs de télécommunications d’entrer dans des propriétés privées sans l’autorisation du propriétaire ou sans procédure légale, et n’autorise pas l’expropriation forcée de terrains privés ». L’amendement vise à « accélérer le déploiement des infrastructures de télécommunications, améliorer la connectivité des citoyens et établir un cadre juridique transparent, tout en garantissant pleinement le droit à la propriété privée ». Le ministère a également indiqué que la récente vente aux enchères du spectre 5G, où 480 MHz ont été adjugés pour 507 millions de dollars, montre que des investissements d’infrastructure à grande échelle nécessitent un cadre juridique plus clair.

Outre le projet de loi lui-même, le TTAP a également demandé au Premier ministre de démettre immédiatement la ministre des Technologies de l’information, Shaza Fatima Khawaja, de ses fonctions. Le projet de loi est actuellement en attente d’un examen plus approfondi par la commission permanente de l’information et des télécommunications du Sénat et par la commission d’enquête du Premier ministre, cette dernière pouvant recommander des amendements, un retrait ou une réécriture du texte. Bien que le gouvernement dispose d’une majorité législative, la manière dont il traitera les préoccupations relatives au droit à la propriété privée influencera l’issue finale de ce projet de loi.

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