Le Bangladesh lance un programme de 250 millions d'arbres en juin, générant près d'un milliard de dollars par an en crédits carbone
2026-06-24 14:41
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fr.wedoany.com Rapport : Un programme national de reboisement au Bangladesh pourrait générer près d'un milliard de dollars de revenus annuels grâce à la vente de crédits carbone. Lancé officiellement le 13 juin par le Premier ministre Tarique Rahman, ce plan prévoit la plantation de 250 millions d'arbres au cours des cinq prochaines années, visant à renforcer la protection de l'environnement et à lutter contre les effets néfastes du changement climatique.

Un document gouvernemental intitulé « Rapport budgétaire sur le financement climatique » souligne que la caractéristique clé de ce plan quinquennal réside dans le potentiel de génération de crédits carbone grâce au reboisement à grande échelle. Selon les mécanismes internationaux de crédits carbone, les zones de plantation désignées doivent être enregistrées et faire l'objet de rapports auprès des institutions internationales et des pays participants concernés. Le rapport estime qu'en favorisant la séquestration du carbone et en réduisant les émissions nettes de gaz à effet de serre, ce plan pourrait produire des crédits carbone négociables, générant ainsi des retombées financières. La Banque mondiale estime qu'après la mise en œuvre réussie du plan, la seule vente de crédits carbone issus des activités de plantation pourrait rapporter près d'un milliard de dollars par an au Bangladesh.

Outre les avantages économiques, le plan devrait également apporter des bénéfices environnementaux significatifs, notamment une baisse des températures, une amélioration des régimes pluviométriques, une meilleure qualité des sols et une résilience accrue des écosystèmes. Le rapport indique que ce plan offre une opportunité unique de promouvoir le développement durable et l'action climatique, tout en ouvrant de nouvelles voies pour une croissance économique verte.

Les revenus mondiaux de la tarification du carbone ont atteint 107 milliards de dollars en 2025, soit une augmentation d'environ 2 % en valeur réelle par rapport à 2024. La capacité actuelle du marché est estimée à 250 milliards de dollars, et devrait atteindre 1 000 milliards de dollars d'ici 2050, le secteur privé devenant la principale source d'investissement dans ce domaine. Le rapport souligne que les pays doivent démontrer concrètement la mise en œuvre de leurs projets pour attirer davantage d'investissements.

Considérant que le Bangladesh est l'un des pays ayant les émissions de gaz à effet de serre par habitant les plus faibles au monde, le rapport estime que si les plans de réduction des émissions de carbone sont bien structurés et efficacement exécutés, le pays pourrait générer des revenus annuels considérables grâce au commerce mondial du carbone. Cependant, le Bangladesh n'est pas encore pleinement en mesure de participer aux marchés internationaux du carbone. Les principales lacunes incluent une connaissance technique limitée des mécanismes de l'article 6 de l'Accord de Paris, un cadre juridique et réglementaire insuffisant pour l'émission et la négociation de crédits carbone, ainsi qu'une capacité limitée des secteurs privé et public en matière de suivi, de rapport et de vérification (MRV) et de certification des projets. Le rapport indique que combler ces lacunes par des réformes réglementaires, le renforcement des capacités et des investissements institutionnels est une priorité stratégique pour débloquer le financement carbone, faisant de ce dernier un élément essentiel du portefeuille de financement climatique du Bangladesh.

Un crédit carbone représente une tonne de dioxyde de carbone ou son équivalent en gaz à effet de serre, réduite, éliminée ou évitée et vérifiée. Les crédits carbone sont générés par des activités d'atténuation telles que les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, le reboisement et la capture du méthane, et peuvent être négociés sur les marchés carbone réglementés ou volontaires. Ces mécanismes permettent aux gouvernements, aux entreprises et aux institutions de compenser leurs propres émissions en achetant des réductions vérifiées d'autres entités, créant ainsi des incitations économiques pour les investissements à faible émission de carbone. Ils fonctionnent dans le cadre de dispositifs internationaux, notamment l'article 6 de l'Accord de Paris et des normes volontaires exigeant des systèmes MRV robustes.

Le Bangladesh a déjà une expérience précoce dans le domaine du marché du carbone. En 2006, Infrastructure Development Company Limited (IDCOL) a enregistré le premier projet du Bangladesh au titre du Mécanisme de développement propre (MDP) auprès de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Depuis lors, IDCOL a vendu 2,53 millions de crédits carbone, générant 16,25 millions de dollars (environ 1,7 milliard de takas au taux de change actuel) à partir de projets tels que les systèmes solaires domestiques et les cuisinières améliorées. Ce bilan témoigne de la capacité technique du Bangladesh en matière de développement de projets carbone et jette les bases d'une participation accrue au marché du carbone.

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