fr.wedoany.com Rapport : Le gouvernement zimbabwéen, par l’intermédiaire de l’Agence zimbabwéenne d’investissement et de développement (Zimbabwe Investment and Development Agency, ZIDA), a approuvé un plan de tramway d’une valeur de 3 milliards de dollars à Harare et lui a accordé le statut de « projet national », visant à reconnecter le Grand Harare par le rail. Ce statut permettra au projet de bénéficier d’avantages clés tels que la facilitation accélérée des investissements, le soutien à la coordination gouvernementale et la simplification des approbations réglementaires, contribuant ainsi à mobiliser des financements et à éviter une stagnation de la planification.
Le projet adopte un modèle de partenariat public-privé (PPP). Les principaux investisseurs mobilisent environ 5 millions de dollars pour la phase préparatoire et prévoient d’obtenir le soutien de la Banque africaine de développement (African Development Bank). Ces fonds seront utilisés pour des études de faisabilité, la conception technique détaillée, les évaluations d’impact environnemental et social, ainsi que d’autres travaux préparatoires, jetant ainsi les bases d’un financement à grande échelle. L’ingénieur Samuel Nyabeza, directeur par intérim de l’urbanisme du conseil municipal de Harare, a indiqué que le projet, approuvé par la ZIDA, sera mis en œuvre en collaboration entre le gouvernement, les autorités locales et le secteur privé.
Le réseau de tramway sera construit en cinq phases. La première phase, d’une valeur de 1 milliard de dollars, comprendra la construction d’un corridor ferroviaire entre le centre-ville et la banlieue ouest densément peuplée de Kuwadzana, incluant des sections surélevées, des trains alimentés par batteries et énergie solaire, des gares voyageurs et un dépôt principal de maintenance. Les phases suivantes prévoient l’extension du rail vers Highfield et Chitungwiza, la connexion à l’est de Mabvuku-Tafara, la liaison entre Cranborne et l’aéroport international Robert Gabriel Mugabe, ainsi que la connexion entre Kuwadzana et la nouvelle ville de Mt Hampden.
Le choix technologique de trains alimentés par batteries et énergie solaire à Harare vise à réduire la dépendance aux caténaires aériennes et à la fiabilité du réseau électrique, tout en limitant les problèmes d’acquisition de terrains le long des itinéraires très fréquentés. Cette approche recentre la maintenance sur les systèmes de stockage d’énergie et de recharge, exigeant des capacités robustes de dépôt et un approvisionnement en pièces détachées. La conception positionne le tramway comme l’épine dorsale à haute capacité d’un réseau de transport intégré, les bus servant de navettes pour permettre les correspondances entre les gares ferroviaires. Le gouvernement a déjà acquis plus de 200 bus pour construire un système routier et ferroviaire unifié.
Ce plan de tramway est un élément central du programme de renouvellement urbain de Harare en vue de la Foire du commerce intra-africain (Intra-African Trade Fair, IATF) de 2029. Outre le rail, ce programme comprend la construction d’un nouveau centre de conférences d’une capacité de 8 000 à 15 000 délégués sur la place Robert Mugabe, la reconstruction de sites d’exposition et l’attraction de capitaux privés dans les secteurs hôtelier et commercial. Harare fait actuellement face à un déficit d’environ 11 000 chambres d’hôtel, alors que la foire de 2029 devrait attirer plus de 2 100 exposants et bien plus de 100 000 délégués internationaux. Le maire Jacob Mafume a déclaré que l’organisation de cette foire nécessiterait au moins 27 000 chambres, ce qui stimulera la construction continue d’hôtels et d’infrastructures connexes.
Le projet de tramway de Harare entre sur un marché ferroviaire urbain africain qui a repris de l’élan après des décennies de sous-investissement. Addis-Abeba a inauguré en 2015 le premier tramway moderne d’Afrique subsaharienne, tandis que des villes comme Casablanca et Rabat au Maroc disposent de vastes réseaux de tramway. Le modèle PPP de Harare et le soutien des banques multilatérales de développement offrent une base à long terme plus durable que certains projets antérieurs dépendant de sources de financement uniques. Le défi immédiat du projet réside dans la capacité de la première phase à attirer des investissements fiables et à atteindre la clôture financière sur la base des études préparatoires.







