Dubaï sélectionne les équipes clés pour le contrat du projet de tunnel d’égouttement de 22 milliards de dollars
2026-07-02 10:36
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fr.wedoany.com Rapport : La municipalité de Dubaï a sélectionné en juin deux consortiums pour soumissionner aux principaux contrats du projet de tunnel d’égouttement stratégique de Dubaï (DSST), qui nécessite un investissement final total de 22 milliards de dollars dans le cadre d’un partenariat public-privé, visant à remédier à l’insuffisance persistante de la capacité de traitement des eaux usées de l’émirat.

Le premier consortium sélectionné, dirigé par Etihad Water & Electricity, à capitaux publics émiratis, en partenariat avec Tamasuk Holding (Arabie saoudite) et Alkhorayef Water & Power, a été retenu pour soumissionner au lot W, qui nécessiterait un investissement d’environ 3 milliards de dollars. L’équipe d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction de ce groupe comprend China Civil Engineering Construction Corporation, Shanghai Tunnel Engineering Co., Ltd. et China Railway 14th Bureau Group, tandis que l’opérateur pourrait être le français Veolia.

Le deuxième soumissionnaire retenu est un consortium dirigé par Vision Invest (Arabie saoudite) et Suez Water Co. (France), qui soumissionnera pour le lot J, estimé nécessiter un investissement d’environ 2 milliards de dollars. Les travaux d’EPC de ce lot seront exécutés par une équipe composée de China State Construction Engineering Corporation et de DeTech Contracting (Émirats arabes unis).

Le projet comprend trois lots. Outre les lots W et J, le lot de raccordement comprend la construction de plus de 200 kilomètres de tunnels d’égouttement souterrains profonds qui traverseront la ville de Dubaï et relieront les installations existantes aux tunnels principaux W et J jusqu’aux installations de traitement profond de Warsan et Jebel Ali. Le lot de raccordement est actuellement en cours d’appel d’offres. Au début de son développement, le projet DSST était divisé en plusieurs contrats de lots W et J, mais a ensuite été reconfiguré en lots actuels et relancé en novembre 2025.

Ce projet colossal nécessite la construction de tunnels de 3 mètres de diamètre à 90 mètres sous la ville. Dubaï, passée d’un petit port de commerce il y a quelques décennies à une vaste ville de 3 millions d’habitants abritant certains des plus hauts bâtiments du monde, a vu le DSST devenir une question urgente en avril 2024, lorsque des pluies torrentielles ont provoqué des inondations généralisées. Le projet prévoit le démantèlement du réseau existant de Dubaï, composé de plus de 150 anciennes stations de pompage de surface, vulnérables aux surcharges en cas de conditions météorologiques extrêmes et de fortes chaleurs. L’insuffisance des infrastructures d’assainissement a entraîné ces dernières décennies de longues files de camions-citernes d’eaux usées sillonnant la ville vers les usines de traitement périphériques.

Le système DSST sera composé de deux tunnels profonds : le tunnel profond de Bur Dubai traversera les quartiers les plus densément peuplés de la ville sur 50 kilomètres ; le tunnel profond de Deira s’étendra sur 25 kilomètres, recevant les eaux usées de la vieille ville de Dubaï et de l’aéroport international de Dubaï. Le DSST n’utilisera pas de pompes pour transporter les eaux usées, mais fonctionnera par gravité, les deux tunnels principaux étant inclinés selon une pente descendante précise pour permettre l’écoulement naturel. Grâce à cette conception, Dubaï prévoit de réduire considérablement la consommation d’énergie et les émissions de carbone de son traitement des eaux usées. La construction de tunnels à de très grandes profondeurs nécessite l’utilisation de tunneliers à pression de terre et des mesures strictes de contrôle des eaux souterraines. Les eaux usées par gravité aboutiront à deux stations de pompage terminales enterrées, chacune installée dans les installations de traitement existantes de Warsan et Jebel Ali, où les eaux usées seront traitées, purifiées et recyclées pour l’irrigation.

Les dépenses d’investissement de ces parties du DSST s’élèvent à 8 milliards de dollars, mais le coût total du cycle de vie du système atteindra 22 milliards de dollars à mesure de son expansion. Le financement repose sur un modèle de concession de conception-construction-financement-exploitation-maintenance (DBFOM) sur 30 ans. La structure de financement respecte strictement un ratio dette/fonds propres de 80:20, utilisant largement des prêts bancaires commerciaux internationaux et régionaux ainsi que des capitaux propres privés. Les contrats de construction des tunnels devraient être attribués en janvier 2030, avec un achèvement des infrastructures des tunnels visé entre 2030 et 2056. Le DSST bénéficiera d’une concession d’exploitation active de 30 ans, avant le transfert final du réseau.

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