La Commission européenne a récemment lancé une consultation publique sur le projet de révision du règlement délégué (UE) 2019/807, proposant une élimination progressive des biocarburants dérivés de l'huile de palme et de l'huile de soja d'ici 2030. Selon la proposition, les entreprises soumises au quota d'énergies renouvelables de l'UE ne pourront plus comptabiliser les biocarburants produits à partir de ces matières premières dans leur obligation de conformité après cette date. Cette mesure vise à réduire les risques environnementaux liés au changement d'affectation des terres indirect (iLUC) et à promouvoir des sources d'huiles de biomasse plus durables.
Le projet prévoit un plan de réduction progressive de l'éligibilité des biocarburants à base d'huile de palme et de soja, à partir de 2025. Des seuils intermédiaires sont fixés à : 71,4 % en 2025, 42,8 % en 2027 et 14,3 % en 2029, mesurés en part de la consommation finale totale d'énergie. À partir de 2030, l'huile de colza deviendra la seule source d'huile de biomasse cultivée éligible pour le respect des quotas. Plusieurs États membres, comme la France, les Pays-Bas et l'Allemagne, ont déjà pris les devants en excluant les biocarburants à base d'huile de palme de leurs plans nationaux depuis 2023.
La proposition d'exclusion de l'huile de soja est basée sur les conclusions du rapport soumis par la Commission européenne le 20 janvier (COM(2026)36 final). Ce rapport, élaboré par le cabinet de conseil Guidehouse, évalue l'impact des changements mondiaux de surfaces cultivées sur les terres à fort stock de carbone, y compris les zones de forêt primaire. La Commission conclut que l'huile de palme et le soja sont tous deux associés à un risque élevé de changement d'affectation des terres indirect ; par conséquent, non seulement l'huile de soja, mais aussi le tourteau de soja sont considérés comme économiquement liés à l'expansion des cultures et aux risques environnementaux.









