La promotion des organismes génétiquement modifiés (OGM) au Nigéria continue de susciter des inquiétudes publiques, les consommateurs, les chercheurs et les défenseurs de la souveraineté alimentaire perdant confiance en l'autorité de régulation du pays, l'Agence nationale nigériane de gestion de la biosécurité (NBMA). La NBMA est accusée d'adopter une posture défensive et de ne pas répondre suffisamment aux préoccupations clés en matière de sécurité, notamment l'absence d'évaluation des risques à long terme.
Au 6 mars 2026, le site web de la NBMA ne publiait pas les résultats d'évaluations indépendantes des risques à long terme pour les quatre produits de culture commerciale OGM officiellement approuvés et la dizaine de produits destinés à la transformation alimentaire. Cela a conduit à s'interroger sur le fait que le pays ne mènerait pas des expérimentations OGM sur sa population.
Sur le plan économique, les cultivateurs de coton génétiquement modifié ont signalé que le coton Bt ne surpassait pas les variétés conventionnelles après trois ans de culture et que des signes de dégradation des sols étaient apparus, potentiellement liés à la libération de toxines. De plus, les questions de contrôle du marché des semences OGM et de propriété intellectuelle restent en suspens, tandis que le risque de contamination génétique menace les variétés locales. En 2024, le Mexique a instauré une interdiction du maïs OGM pour protéger ses ressources indigènes, alors que le Nigéria, en tant que centre d'origine de légumineuses, fait face à des défis similaires.
Les produits OGM sur le marché nigérian ne sont pas clairement étiquetés, ce qui rend leur identification difficile pour les consommateurs. Selon une enquête de la « Earth Mother Health Foundation », plus de 50 marques d'aliments transformés importés contiennent des ingrédients OGM. Le public appelle à un moratoire sur l'approbation de nouveaux OGM en attendant un examen complet, et à une transition vers l'agroécologie pour traiter les causes profondes de l'insécurité alimentaire, telles que le manque de budget et les problèmes de sécurité. La controverse sur la régulation des OGM met en lumière la complexité de l'équilibre entre le progrès technologique et la santé publique au Nigéria.









