fr.wedoany.com Rapport : Un rapport cartographique publié conjointement par l’organisation environnementale australienne « Amigas de la Tierra » et le groupe de recherche sur l’architecture, la ville et la durabilité (GIAU+S) de l’Université Polytechnique de Madrid (Universidad Politécnica de Madrid) révèle que, dans dix grandes villes espagnoles, environ 60 % de la population ne peut pas accéder à un espace vert de qualité d’au moins un hectare à moins de 300 mètres à pied de leur domicile. Cette étude évalue l’accessibilité aux espaces verts et les inégalités socio-spatiales en se basant sur la règle 3-30-300 proposée par l’expert en foresterie urbaine Cecil Konijnendijk, à savoir au moins trois arbres près du logement, un taux de couverture végétale du quartier d’au moins 30 %, et un parc accessible à moins de 300 mètres à pied.
Le rapport a analysé dix villes — Madrid, Valence, Saragosse, Séville, Palma de Majorque, Valladolid, Badajoz, Ourense, Saint-Jacques-de-Compostelle et Ibiza — en utilisant des données de planification urbaine, des orthophotographies et des plateformes collaboratives comme OpenStreetMap. Les résultats montrent que Badajoz, Ourense et Valence présentent les pires performances en matière d’accessibilité aux espaces verts. L’étude a également ventilé les données par niveau de revenu des habitants afin d’identifier les zones d’intervention prioritaires, c’est-à-dire les quartiers à faibles revenus et manquant d’espaces verts. Le rapport indique que, globalement, les différences d’accessibilité aux espaces verts basées sur les revenus ne sont pas significatives, et que dans certaines villes, les quartiers aux ressources économiques plus élevées font face à un déficit d’espaces verts encore plus grand. Selon Miguel Díaz-Carro, responsable de la biodiversité et du territoire chez Amigas de la Tierra, dans d’autres pays, il existe généralement une corrélation plus linéaire entre les revenus et l’accès à la nature.
Voici la situation spécifique de chaque ville : à Badajoz, chaque habitant dispose en moyenne de 24,8 m² d’espaces verts, mais 73 % des résidents ne peuvent pas accéder à de tels espaces à moins de 300 mètres ; à Valence, la superficie d’espaces verts par habitant n’est que de 3,48 m², et 80 % de la population vit à plus de 300 mètres d’un grand espace vert ; à Ourense, 78 % de la population ne peut pas accéder à un espace vert à moins de 300 mètres, et ce chiffre atteint 92 % parmi les groupes aux revenus les plus faibles. À Madrid, près de 2 millions de personnes manquent d’une accessibilité suffisante aux espaces verts ; certains quartiers aisés du centre-ville souffrent d’un manque d’espaces verts, et des zones comme Tetuán, Puente de Vallecas, San Blas-Canillejas et Carabanchel/Usera ont été identifiées comme prioritaires pour l’ajout de verdure. À Séville, 55 % des habitants (environ 684 164 personnes) sont confrontés au même problème ; le rapport souligne un manque de connectivité entre les grands espaces végétalisés et identifie des terrains industriels pouvant être transformés en espaces verts. Saragosse, bien qu’ayant restauré les rives de l’Èbre comme axe vert grâce à l’Exposition universelle de 2008 et possédant de grands espaces comme la pinède de Venise et le grand parc José Antonio Labordeta, souffre d’une répartition inégale : 63 % des résidents vivent encore à plus de 300 mètres de tels espaces verts. À Palma (430 640 habitants), la superficie d’espaces verts par habitant est de 8,33 m², et 66 % de la population a une accessibilité insuffisante. Valladolid (297 129 habitants) affiche un ratio global d’espaces verts relativement bon, mais des améliorations sont encore possibles, et il est recommandé de boucler la ceinture verte.
À Ibiza, lorsqu’on ne considère que les données sur les espaces verts publics, 52 % des personnes à hauts revenus et 34 % des personnes à faibles revenus n’ont pas accès à des zones végétalisées. Cependant, le rapport note que de nombreux logements dans les quartiers aisés disposent de jardins privés et de piscines, et que les données doivent être interprétées en tenant compte des espaces verts privés. Saint-Jacques-de-Compostelle (98 716 habitants) est un cas positif dans cette étude : les corridors fluviaux le long des rivières Sar et Sarela forment une bande végétale continue, reliant les parcs urbains, les jardins historiques et les espaces naturels périurbains. Le rapport n’a identifié aucune zone nécessitant une intervention prioritaire, car les quartiers périphériques présentant le plus grand déficit d’espaces verts sont étroitement liés aux zones rurales de haute qualité environnementale.
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