fr.wedoany.com Rapport : La start-up française Latitude prévoit d’effectuer le premier lancement de son petit lanceur à la fin de l’année 2027 depuis le port spatial d’Etlaq, à Oman. Le 1er juillet, la société a annoncé avoir signé une lettre d’intention avec le port spatial d’Etlaq (Etlaq Spaceport) pour utiliser ce site de lancement omanais pour le vol inaugural « expérimental » de sa fusée. Cette annonce coïncide avec la visite du sultan d’Oman, Haitham bin Tarik Al Said, en France et sa rencontre avec le président Emmanuel Macron.
Latitude indique que des équipes de l’entreprise et du port spatial se sont réunies ces dernières semaines pour étudier la faisabilité d’un lancement de fusée depuis Etlaq, et que la signature de la lettre d’intention permettra d’accélérer ces travaux. Selon la société, cette phase préparatoire permettra aux deux parties d’évaluer avec précision les conditions techniques et opérationnelles nécessaires à la réussite de la première mission de lancement.
Latitude travaille depuis plusieurs années au développement d’un petit lanceur capable de placer jusqu’à 200 kilogrammes de charge utile en orbite terrestre basse. Initialement nommé Zephyr, le lanceur est aujourd’hui simplement désigné par l’entreprise comme « notre lanceur », sans nom officiel. Le mois dernier, la société a annoncé avoir effectué deux essais à chaud du moteur Navier qui propulse la fusée, lançant ainsi la phase de qualification complète du moteur.
Latitude précise que les lancements depuis Oman « compléteront » ses plans de tirs depuis le Centre spatial guyanais. La société n’a pas révélé la fréquence des lancements depuis Etlaq après le premier vol. Situé sur la côte sud d’Oman, ce port spatial n’a jusqu’à présent effectué que des tirs de fusées-sondes, mais cherche à s’étendre au domaine des lancements orbitaux.
Latitude est la troisième société de lancement européenne à annoncer l’utilisation du port spatial d’Etlaq. L’espagnole PLD Space a indiqué en février 2025 qu’elle lancerait également depuis ce site, en plus de la Guyane française ; l’allemande HyImpulse a annoncé le mois dernier avoir signé une lettre d’intention pour étudier l’utilisation d’Etlaq pour ses lanceurs suborbitaux et orbitaux.
Latitude et Etlaq mettent tous deux en avant les facteurs géopolitiques et techniques de leur accord. Azzan Kais Al Said, directeur général du port spatial d’Etlaq, a déclaré dans un communiqué que collaborer avec un partenaire comme Latitude renforce ses capacités et reflète la confiance croissante des acteurs internationaux envers Oman en tant que futur pôle spatial. Olivier Zarrouati, président du comité stratégique de Latitude, a quant à lui déclaré que l’espace est devenu une arène où se façonne l’équilibre stratégique futur, et que cette signature, qui coïncide avec la rencontre entre le président Macron et le sultan, n’est pas un hasard : elle reflète l’ambition commune de la France et d’Oman de construire des capacités spatiales indépendantes.









