fr.wedoany.com Rapport : La Commission européenne a proposé d'ajouter deux installations indiennes de recyclage de navires à sa liste approuvée, une décision qui pourrait mettre fin à une décennie d'exclusion des chantiers navals d'Asie du Sud du système européen.

Si elle est mise en œuvre, ce sera la première fois que des installations de recyclage indiennes seront incluses dans la liste européenne des installations de recyclage de navires (European List of Ship Recycling Facilities), bien que la liste mise à jour doive encore être finalisée et officiellement adoptée. L'une de ces installations est exploitée par Shree Ram Recycling à Alang, la région la plus concentrée au monde en matière de capacité de démolition navale. Les navires battant pavillon de l'UE doivent utiliser les installations figurant sur la liste européenne lorsqu'ils sont envoyés à la démolition. Cette réglementation met en œuvre les exigences de la Convention de Hong Kong (Hong Kong Convention) et ajoute des normes européennes supplémentaires en matière de sécurité et d'environnement.
L'Association des armateurs européens (European Shipowners, anciennement ECSA) a salué la proposition de la Commission et a appelé à une adoption rapide. Le secrétaire général Sotiris Raptis a déclaré qu'il s'agissait d'une étape attendue depuis longtemps et très bienvenue, reconnaissant les investissements réalisés par les deux chantiers pour atteindre les normes de l'UE. Les installations indiennes tentent de rejoindre cette liste depuis 2016. À la fin de l'année dernière, 32 demandes avaient été soumises, mais aucun chantier n'avait été approuvé, malgré de multiples inspections européennes et la modernisation des installations d'Alang. Actuellement, plus de 110 chantiers navals indiens détiennent des déclarations de conformité à la Convention de Hong Kong délivrées par des membres de l'Association internationale des sociétés de classification (International Association of Classification Societies). Trois installations ont récemment achevé les procédures nécessaires pour obtenir la reconnaissance de l'UE, et plusieurs autres sont encore en cours d'évaluation.
Les armateurs soutiennent depuis longtemps que la liste européenne manque de capacité suffisante et d'installations adaptées au démantèlement des grands navires océaniques. La majeure partie des infrastructures mondiales de recyclage est concentrée en Inde, au Bangladesh, au Pakistan et en Turquie. La Convention de Hong Kong est entrée en vigueur en juin dernier, établissant des exigences mondiales couvrant les substances dangereuses, la sécurité des travailleurs et le recyclage respectueux de l'environnement. La réglementation de l'UE est plus stricte à plusieurs égards, notamment en ce qui concerne les mesures de contrôle visant à prévenir les fuites de substances dangereuses sur les sites de recyclage. Par conséquent, l'approbation de ces deux chantiers navals indiens ne se limite pas à une augmentation de capacité. Elle ouvre la voie à l'entrée dans le système européen d'installations conformes situées dans des pays non membres de l'OCDE, après des années où la situation géographique était aussi déterminante que les normes opérationnelles.
Raptis a déclaré que cette décision devrait être suivie par la reconnaissance d'autres chantiers navals éligibles en dehors de l'Europe. Après l'adoption finale, les armateurs de navires battant pavillon de l'UE disposeront également de la première option de recyclage approuvée dans le sous-continent indien.










